CHAPITRE SEPTIEME
« Le citoyen président. Il n’y a pas de délibération possible avec ces interruptions.
« Le citoyen Jules Favre. J’entends dire qu’il n’est plus citoyen. Quant à moi, je vous supplie de ne pas substituer à cette tribune, ni dans cette assemblée, le langage de la passion à celui de la raison. Je disque le citoyen Louis Bonaparte n’avait étéadmispar vous que dans des conditions telles, qu’aucun doute ne se pouvait élever sur les conditions mêmes de cette admission, et s’il arrivait que, par une inconcevable folie, il vint le lendemain du jour où celte admission a été prononcée, non pas pour lui, grand Dieu! mais par respect pour le principe de la souveraineté électorale et de l’égalité de tous devant la loi ; si, dis-je, il arrivait qu’il vint porter à la souveraineté populaire, représentée par l’Assemblée nationale, un insolent défi (Trèsbien!), soyez surs que c’est dans le fond de nos cœurs que nous devons puiser les moyens d’y répondre. Je ne crois pas que l’Assemblée doive se séparer sans avoir pris une résolution. . . (Mouvement.)
« Le citoyen ministre des finances. Je demande la parole.
« Le citoyen Jules Favre. Ecoutez-moi! sans avoir pris, dis-je, une résolution qui indique au pays qu’unanimement, sans aucune espèce de division, si elle respecte le droit, elle est aussi le défenseur vigilant de l’ordre public, qu’elle est unanime à condamner, à réprouver, à s’armer contre les prétentions insensées d’un homme qui ne la respecterait pas. Cette résolution, je ne vous la demande pas définitive, mais je ne
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veux pas que nous nous séparions sans qu’il ait été entendu entre nous que cet acte ne doit pas demeurer sans être éclairci.
« Quant à moi, le citoyen Louis Bonaparte, je l’ai dit en des termes assez clairs, devait être poursuivi selon la rigueur des lois si l’on avait trouvé son nom ou sa main dans les désordres qui vous ont été signalés l’autre jour; et dès l’instant qu’un soupçon, un indice, quelque chose de plus grave se révèle, nous devons au pays, nous nous devons à nous-mêmes, par une résolution unanime, d’ordonner que la lettre et la pièce qui l’accompagne seront déposées entre les mains du ministre de la justice, pour qu’il y donne telle suite qu’il avisera.
« Le citoyen Duelerc, ministre des finances. Messieurs, la personne qui descend de celle tribune nous a dit qu’au moment où il avait proposé, au nom du septième bureau, l’admission du prince Louis Bonaparte, il ne connaissait pas les dispositions de ce prince envers la Bépublique.
« Le citoyen Comandré. Oui, prince ! il n’est pas ci toyen !
« Le. citoyen ministre des finances. Le Gouvernement les connaissait, et c’est pour cela qu’il vous avait demandé précisément de suspendre, au moins pendant quelques jours, l’admission du prince Louis Bonaparte; le Gouvernement connaissait les menées tramées en son nom, mais il n’avait pas la certitude complète que ces menées avaient été provoquées, avaient été directement soudoyées par le prince lui-même; mais il avait