‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 159 sur 243 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

de l’Assemblée de ne pas avoir lu l’adresse de Louis Bonaparte aux électeurs, sur laquelle s’appuyait Le Constitutionnel dans l’assertion précédente, et qui était ainsi rédigée :■

<i Chers concitoyens,

« Vos suffrages me pénètrent de reconnaissance ; cette marque de sympathie, d’autant plus flatteuse que je ne l’avais pas sollicitée, vient me trouver au moment où je restais inactif, alors que la patrie a besoin du concours de tousses enfants, pour sortir des circonstances difficiles où elle se trouve placée. Votre confiance m’impose des devoirs que je saurai remplir. Nos intérêts, nos sentiments, nos vœux, sont les mêmes. Enfant de Paris, aujourd’hui représentant du peuple, je joindrai mes efforts à ceux de mes collègues pour rétablir l’ordre, le crédit et le travail, pour assurer la paix extérieure, pour consolider les institutions démocratiques, pour concilierentre eux les intérêts qui semblent hostiles aujourd'hui, parce qu’ils se soupçonnent et se heurtent, au lieu de marcher ensemble vers un but unique, la prospérité et la grandeur du pays.

« Le pays est libre depuis le 24 février. Il peut tout obtenir sans avoir recours à la force brutale. Rallionsnous donc tous autour de l’autel de la patrie, sous le drapeau de la République, et donnons au monde ce grand spectacle d’un peuple qui se régénère sans violence, sans guerre civile, sans anarchie.

31* COMMISSION EXECUTIVE

u Recevez, chers concitoyens, l’assurance (le mon dévouement et de mes sympathies.

a Cuarles-Louis-Napolkos Bonaparte.

a Londres, le 1 1 juin 1848. »

Les journaux bonapartistes déduisent de cette adresse, affichée à profusion sur les murs de Paris, la preuve de ses sentiments républicains.

Les républicains approuvent vivement le président de l’Assemblée de ne pas l’avoir lue. Ils trouvent étrange cette prétention de porter à la tribune, par lettre, les remerciments d’un député absent à ses électeurs, ce qui est insolite. Ils y voient une affectation, une attitude de souverain.

Quant à la Commission exécutive, retirera-t-elle de cette manifestation impérialiste un renouvellement de force? Obtiendra-t-elle enfin créance et confiance lorsqu’elle dénoncera les intrigues et les complots? La Liberté, journal napoléonien, ne peut disconvenir que cet incident consolide son autorité.

Le soir même , la Commission exécutive tint un conseil de ministres où avaient été mandés les générauxcommandants.

L’on commença par voter à l’unanimité un redoublement do surveillance et des poursuites contre toute publication qui pousseraità la guerre civile.

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