‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 164 sur 243 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

Enfin, il était interdit à tout représentant de faire abandon de l'indemnité que la nation lui allouait.

A côté de ces incompatibilités, M. Lacordaire avait posé, moralement, celle du sacerdoce. Il avait adressé, — 18 mai — au président de l’Assemblée, la lettre suivante, dictée par une conscience expérimentée et éprouvée.

« Citoyen Président,

« Je vous prie de soumettre à l’Assemblée nationale ma démission de représentant.

« Appelé à cette haute charge, sans l’avoir sollicitée, je m’éloigne après avoir essayé de la remplir et de répondre à la confiance qui m’en avait investi. L’expérience me prouve qu’elle est au-dessus de mes forces et que j’arriverais mal à concilier dans ma personne les devoirs pacifiques de la vie religieuse avec les devoirs difficiles et sévères du représentant du peuple. Ma position tout exceptionnelle auprès de l’Assemblée ne saurait rendre mon exemple contagieux. En me séparant d’elle, je ne lui ôterai qu’une bonne volonté impuissante. Je la prie d’agréer ma démission avec mes remerciements de la bienveillance qu’elle m’a gratuitement montrée, et les vœux que je forme pour que, de ses travaux, sorte le bonheur de la France sous une République juste et libre.

« Recevez, etc.

<i Laloiuuihe. »

COMMISSION EXECUTIVE

Celte lettre, si remarquable par le sentiment qu’elle exprime avec tant de modestie, n’avait-elle pas une portée plus grande encore que celle que lui prêtait son auteur? Ne soulevait-elle pas le principe de la séparation de l’Eglise et de l’État?

Un projet de loi pour le rétablissement du divorce avait été présenté, au nom du Pouvoir exécutif, par le ministre de la justice, dans la séance du 26 mai. Sans entrer dans les débats que de tout temps cette grave question a fait naître, il suffit de dire qu’en face des objections nombreuses soulevées dans les bureaux, et des dispositions défavorables de la Commission, ce projet fut retiré plus tard par le Gouvernement qui succéda à la Commission exécutive.

Les membres de l’Assemblée, usant de leur droit d’initiative, se livraient individuellement à des études spéciales, chacun suivant ses idées de réforme et de progrès. Leurs propositions affluaient, les unes repoussées, les autres admises, mais toutes démontrant combient étaient appréciées l’étendue et l’importance du mandat législatif.

MM. Jules Favre et Dupont (de Bussac) présentaient des projets de règlement de concordats amiables facilitant la liquidation des débiteurs atteints par la

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