CHAPITRE HUITIEME
crise révolutionnaire et forcés de suspendre leurs payements.
MM. Turc et Bouhier de l'Ecluse réclamaient la création de banques agricoles et de crédit foncier.
M. Huet (du Jura) demandait le renouvellement des conseils municipaux.
Toutes les questions relatives au travail étaient l’objet des plus vives préoccupations.
M. Lemonnier réclamait l’abolition de l’article 1781 du Code civil, qui veut que le maître soit cru sur son affirmation, pour le règlement des gages et salaires, législation contraire au sentiment de l’égalité.
M. Alcan développait sa proposition d’ouvrir un crédit de trois millions pour encourager les sociétés de secours mutuels et de prévoyance, ainsi que les associations des travailleurs, soit enlFe eux, soit avec les chefs d’industrie, soit avec les capitalistes.
M. Latrade déposait un projet tendant à faciliter les associations d’ouvriers, ou de maîtres et ouvriers, et leurs soumissions à l’entreprise des travaux publics.
M. Waldeck Rousseau proposait l’institution de caisses nationales de prévoyance.
Il serait trop long d’énumérer tous les projets utiles et féconds qui étaient présentés. La plupart étaient en harmonie avec ceux du Gouvernement et renvoyés aux commissions ou aux comités spéciaux.
Les pétitions étaient bien plus nombreuses. Elles
COMMISSION EXÉCUTIVE, étaient examinées avec soin. Ce droit sacré de chaque citoyen d’adresser à la nation ses aspirations, ses idées, ses réclamations, était exercé avec un entraînement que l'exaltation générale de l’époque fait comprendre. L’initiative individuelle était largement favorisée, et nulle pensée vraiment fertile ne pouvait se perdre. Dans ce torrent auquel on donnait cours, au commencement de chaque séance, au milieu de propositions vaines, oiseuses, excentriques, on pouvait puiser des avis, des renseignements, des projets sérieux, instructifs, praticables. C’était la fièvre qui surexcitait tous les esprits! mais c’était la vie! L’inspiration surgissait de cette fournaise des passions,
Le ministre de l'instruction publique avait obtenu un crédit provisoire de un million pour l’amélioration de la condition des instituteurs primaires.
Le ministre de la guerre présenta, au nom de la Commission exécutive, un projet de loi qui prononçait la gratuité des Ecoles polytechnique et de Saint-Gyr, à dater du 1" octobre 1848. « Les fonctions publiques, disait l’exposédcs motifs, sous un gouvernement démocratique, doivent être accessibles à tous les citoyens, sans distinction de fortune, sous la seule condition de posséder les connaissances nécessaires pour les occuper. »
Le prix élevé de la pension, qui écartait de ces écoles les jeunes gens pauvres et ne laissait en approcher