‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 166 sur 243 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

que les fils de famille riche, était un des abus les plus révoltants du privilège de la fortune qu’un gouvernement républicain devait s’empresser d’effacer.

L’Assemblée avait pris en considération une proposition des représentants de l’Algérie, ainsi conçue :

« Le territoire de l'Algérie fait partie intégrante du territoire français; et les Français en Algérie sont régis par la même constitution que les Français du continent. »

Au nom du comité de l’Algérie, M. Bertholon avait fait un rapport qui concluait à l’adoption de la première partie, et au renvoi de la seconde à la Commission de Constitution.

Une discussion intéressante, approfondie, appela à la tribune MM. Didier, de Prébois, de Rancé (tous les trois députés de l’Algérie), Astouing, Pascal (d’Aix), le ministre de la guerre, les généraux de Lamoricièrc eL Bedeau.

Les importantes améliorations accordées à l’Algérie par le Gouvernement provisoire, furent unanimement constatées par les orateurs : le droit de représentation lui avait été dévolu, ainsi que le suffrage universel et la liberté de la presse; certaines parties de l'administion étaient rentrées dans les attributions spéciales de chaque ministère la — justice l’instruction publique, les cultes, les finances, ne relevaient plus du ministre de

COMMISSION K Xli Cl T I V K.

nia

la guerre ni du général gouverneur de l’Algérie : — c’était un premier pas vers un progrès plus grand.

On peut ainsi résumer les opinions qui se heurtèrent dans cette lutte parlementaire :

Le droit est inviolable, et loin de céder, il doit tout faire plier devant lui. Il est injuste de flétrir les Français de l’Algérie d’une suspicion humiliante. Ils ne comprennent pas ce système désastreux, qui confère à un général gouverneur un pouvoir absolu, jusqu’à lui permettre d’attenter aux personnes et aux propriétés qu’il a mission de défendre. C’est là le régime de l’arbitraire et des ordonnances qui a arrêté l’essor de l’agriculture et de l’industrie, étouffé la colonisation dans son germe. La mobilité d’un tel système, ses tentatives d’adoucissement, ses retours de rigueur, anéantissent la confiance et le crédit. On ne peut recueillir que ruines et misères, à se livrer corps et biens à la merci d’un gouverneur quel qu’il soit. Un citoyen, libre dans son pays, l’abandonnera-t-il pour se soumettre, lui et sa famille, au despotisme du sabre? Un tel despotisme peut-il développer la production des richesses? Le glaive détruit les institutions indépendantes, crée le gouvernement militaire, régime d’exception, paralyse et tue la liberté qu’un régime digne de l’homme fertilise et vivifie. Rendons aux Français de l’Algérie les droits de citoyen ; décrétons l’assimilation de l’Algérie à la France. La dynastie déchue a pu laisser indécise l’installation définitive de la France en Afrique, mais la République ne peut hésiter. Le Gouvernement provisoire a prononcé ; l’As-

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