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CHAPITRE HUITIEME

Ces débats donnent une idée des aspirations surgics de la Révolution de Février et de la nécessité de leur donner une satisfaction légitime. Les débats qui vont suivre ne sont pas moins élevés. Ils sont consacrés à l’organisation du pouvoir législatif.

« M. 0. Barrot. Depuis longtemps, nous travaillons en idéologues plutôt qu’en hommes d’affaires.

« La commune est la famille étendue. — Or, aujourd’hui, la commune n’est pas constituée. Elle est à l’état d’isolement et d’impuissance. Elle est morcelée.... M. Lamennais a été logique dans son projet en cherchant à la constituer; c’est la base de l’édifice à construire.

« M. Lamennais. J’appuie l'opinion de\L O. Barrot. Il faut bâtir sur un fondement solide. Les droits principaux se résument en ceci : l’affranchissement de l’homme spirituel. Voilà l’essentiel. Après cela que reste-t-il? Il faut organiser, non plus l’âme, mais le corps de la société. Le caractère général de cette organisation, c’est la plus grande liberté aboutissant à la plus grande unité.

«Le type de la liberté, c’est la famille, puis la commune, collection de familles. Personne n’a le droit d’empêcher ces familles de s’organiser comme elles l’entendent. Dans la commune actuelle, il n’y a pas d’éléments politiques; il faut en changer la circonscription et organiser le canton.

« M. Marrait. MM. O. Barrot et Lamennais ne tiennent pas suffisamment compte des précédents. La France est une et homogène. Parler abstractivement de l’individu, c’est oublier que l'on rencontrera dans les faits des obstacles qui arrêteront. — Depuis 1789, c’est l’action d’un modeste sous-préfet qui empêche le retour des idées féodales. L’ Etat représente surtout l’égalité, et les intérêts qu’on veut faire défendre par la liberté, je veux les faire défendre par l'Etat et faire dominer le droit social sur le droit individuel.

« M. Lamennais. Ce système mène à l’apoplexie dans Paris et à l’absence de vie partout ailleurs.

« M. A. Coquerel. Tout le mal est dans la lenteur avec laquelle fonctionne l'administration.

« M. 0. Barrot. Tous les gouvernements qui ont régi la France ont croulé parce qu’ils n’avaient pas de base. — Il a suffi de les frapper au centre pour les détruire; le télégraphe a fait le reste.

« Le résultat de la Révolution de Février sera de donner encore plus de force à la concentration.

« Ce qui distingue l'homme, c'est la liberté et la sociabilité, c’est aussi ce qui caractérise les nations. — Supprimez la liberté, vous dégradez les caractères, vous tombez dans les hontes du Bas-Empire. — Il est donc nécessaire de fortifier l'élément individuel.

« Je ne veux pas briser l’unité communale, je veux l’organiser. — Je veux le canton. — L’arrondissement est arbitraire. — La commune a besoin d’une nouvelle vie qui la protège contre la concentration.

« M. Vaulabelle. C’est la centralisation qui a sauvé

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