‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 173 sur 243 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

mission décida qu’elle s’occuperait du pouvoir législatif avant le pouvoir exécutif.

' La séance du lendemain commença par la lecture de la déclaration des droits, dont les premiers paragraphes furent adoptés sans discussion.

Seulement, sur les réclamations de plusieurs membres, à cette maxime: Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit, on ajouta : Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux.

Quelques articles furent ajournés pour définition incomplète.

La commission aborda la question sociale du Droit nu travail.

« M. Dupin aîné demande la substitution du mot secours aux mots droit au travail comme dans la constitution de 1791.

« M. Coquetel. Seulement pour les invalides.

« M. Considérant. Le droit au travail est à proprement parler la conquête de la Révolution de Février. Si ce droit n’est pas nettement reconnu, les ouvriers pensent que la Révolution est escamotée.

« Le droit au travail est le corrélatif du droit de

< M . Lamennais donna sa démission ; el, par décision de l'Assemblée, il ne Tut pas remplacé. On se demanda s’il ne s’élail pas retiré parce que son projet de constitution n'avait pas élé pris par la commission pour texte è la discussion .

COMMISSION EXÉCUTIVE

propriété. — Le droit au travail est de même nature que le droit à l’instruction.

« M. G. de Beaumont admet le droit au travail, mais non en principe absolu. — On s’expose à ruiner la société ou à tromper le peuple. — La question est mal posée. Le vrai droit, c’est le droit de vivre. — Le premier moyen de vivre est la propriété. La garantie du moyen d’acquérir la propriété, c’est la liberté du travail. — En l’état actuel, les ouvriers ne jouissent pas de cette liberté, — ils sont sous la pression du maître. La loi autorise toutes sortes de moyens de compression : les livrets, l’interdiction de l’association, l’absence d’instruction professionnelle. — Il faut assurer la liberté du travail.

« Mais la proclamation du droit au travail est une chose dangereuse et d’application difficile.

« M. Marrast se place à un autre point de vue: —

Le droit social et collectif doit prévaloir sur le droit individuel. Le droit au travail est incontestable. Il est la conséquence du droit à l’instruction. — Aucune force morale ni matérielle ne doit être perdue. — La société ne peut pas laisser un seul homme inerte et inactif. Le paupérisme et la mendicité doivent disparaître.

« L’État ne doit pas intervenir dans l’industrie par- , ticulière, mais il doit intervenir pour ceux qui manquent de travail. — Deux choses font défaut, outre l’instruction professionnelle: le crédit et la possibilité de vente. — Des institutions de crédit, assurant l’un et l’autre, sont nécessaires.

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