CHAPITRE HUITIÈME
« M. 0. Barrot. Quand un homme meurt de faim, il y a là un mal et un crime social ; mais le travail est une loi vitale. D’un devoir ne faites pas un droit. Si vous reconnaissez l’obligation pour la société de donner du travail, vous provoquez la désertion des ateliers privés. — Les ateliers nationaux deviendront un encouragement à la fainéantise.
a. On doitardemment désirer pouvoir donner à chacun du travail, maison ne peut en faire un article dans la constitution.
« 31. Martin (de Strasbourg). Le droit au travail doit être écrit. Il est la conséquence du droit de vivre.
« M. A. Coquerel. Si l’Etat se charge de donner du travail, que fera-t-il des produits fabriqués?
« M. Dupin aîné. Il y aura impuissance entre le droit proclamé et la réalisation de ce droit. — En Irlande, les ouvriers des ateliers nationaux ont abandonné la terre.
« M. Considérant. Pour les ouvriers, toute la valeur de la Constitution sera dans ce mot : Droit au travail. »
Le 24 mai, cette discussion se poursuit :
« M. G. de Beaumont. Les moyens par lesquels le travail est garanti sont : la liberté du travail, l’association volontaire, l’instruction gratuite, l'éducation professionnelle, les institutions de prévoyance et de crédit, l’établissement par l’Etat des ateliers de secours.
« M. Marrast critique le mot secours.
« M. G. de Beaumont le justifie. Il entend des ateliers spéciaux et transitoires. — Si on met le mot : droit au
COMMISSION EXÉCUTIVE
JM
travail, chaque socialiste voudra L’organiser à sa manière.
« M. Marrast ne veut pas la concurrence au travail individuel. — L’PLtat fera les grands travaux que les particuliers ne font pas : reboisements, routes, canaux, etc.
a M. Considérant. En appuyant le droit au travail, je ne parle pas de ces théories qui sont supérieures. C’est un droit nouveau.
« M. Cormenin propose de dire :
« Le droit au travail est celui qu’a tout homme de vivre en travaillant.
« La société doit, par les moyens productifs et généraux dont elle dispose et qui seront organisés ultérieurement, fournir du travail aux hommes valides qui ne peuvent s’en procurer autrement. »
Cette rédaction réunit les suffrages et clôtura les débats sur cette question de fond qui, pour la première fois, prenait place dans une constitution.
Après le droit au travail fut formulé le droit à l’assistance :
« Le droit à l’assistance est celui qui appartient aux enfants abandonnés, aux infirmes et aux vieillards, de recevoir de l’État les moyens d’exister. »
On voit avec quel soin minutieux sont écartés tous ces mots de secours, de charité, d’aumône, qui pouvaient soulever les susceptibilités des citoyens malheureux.