CHAPITRE HUITIÈME
intérêts représentés, mais il y a deux examens. — Deux lectures dans la même Chambre sont un remède stérile.
a La lèpre de la démocratie, c’est l’impétuosité, ce qu’on peut appeler l’étourderie législative. — Au bout de cette impétuosité est l’opposition.
« La République se perdra ou arrivera au système des deux Chambres.
« M. Coquerel. La raison est pour les deux Chambres. Mais le torrent de l'opinion leur est opposé. Ce qui est sans contrepoids ne peut conserver son équilibre. On reviendra à ce système lors de la révision de la Constitution.
a M. Martin (de Strasbourg). Il faut céder à la raison et non au torrent. Le système des deux Chambres n’est qu’une transaction entre l’aristocratie et la démocratie. — Le caractère français veut l’unité. — Deux Chambres conduisent à une révolution.
« M. Vivien. Le caractère français est impétueux : retenons-le par un double examen. — La cause des deux Chambres n’est pas perdue.
a M. Martin (de Strasbourg). Ceux qui ne voulaient pas de la République avant févrierveulcnt aujourd’hui les deux Chambres, parce que ce régime n’est pas un régime républicain.
a M. Considérant. Il y a des deux côtés des arguments logiques. — Il faudrait un conseil d’Etat pour reviser les lois.
« M. Cormenin. Pour les préparer.
« M. Dufaure. Je reconnais que je suis placé sous
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l’ompire des anciens préjugés de la monarchie constitutionnelle.
a La logique veut la souveraineté du peuple, exercée par délégation, mais elle ne dit pas si cette délégation doit être faite à deux Chambres plutôt qu’à une.
« L’opinion publique, dont le passé ne s’est jamais attaché qu’à une seule Chambre, tenait l’aulre comme à peu prés inutile, de telle sorte que celle-ci a été un danger plutôt qu’un avantage. — Je ne crois pas que dans l’avenir les deux Chambres rendent plus de services.
« L’exemple tiré de l’Amérique ne prouve pas pour la France. — L’opinion publique a besoin de se concentrer sur un seul point. — Je crains qu’une seconde Chambre n’affaiblisse la première, et ne l’empéchc de résister au Pouvoir exécutif, car je crois que ce dernier pouvoir aura plus d'autorité qu’on ne le suppose, parce qu’il est le représentant de toute la France, et ne sera pas exposé aux ennuis et aux dégoûts que soulèvent les monarchies après leurs longs règnes, leurs régences, etc.
« M. de Tocqueville rétablit l’autorité du président.
« M. Dupin atné. Cette question est la plus difficile et la plus féconde. » — Après avoir fait l’historique de toutes les constitutions depuis 1791, il dit:
a Quand la Révolution de 1848 est arrivée, nous y sommes entrés parce que la nation l'a voulu ; parce que cette Révolution est légitime, au même titre que celle de 1830. Elle est l’œuvre de la nation. — Le peuple français n’est pas si mobile qu’on le pense.