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CHAPITRE HUITIEME

« Le système d’une seule Chambre est préférable.

« M. Pagès (de l’Ariége). Je veux une seule Chambre, parce que je la veux forte et capable de résister au Pouvoir exécutif. — Le Pouvoir exécutif nous a toujours maîtrisés en nous domptant et en nous trompant,

« Le Comité de salut public a dévoré la Convention, Bonaparte a dévoré les conseils de la nation. — Je crains que ce mal ne puisse se produire encore.

a M. G. de Beaumont. Je ne crains pas pour la République la trop grande force du Pouvoir exécutif. Je pense au contraire que, s’il n’y a pas un Pouvoir exécutif fort, la République ne durera pas six mois, — et ce Pouvoir ne sera pas fort si l’Assemblée le domine trop.

« J’accepte d’ailleurs les faits qui dominent la situation.

« M. 0. Barrot. Nous sommes ici pour exprimer notre pensée, et nous devons être libres. Avec une Chambre unique, vous continuez la Révolution. — Avec deux Chambres, vous équilibrez les pouvoirs et vous pouvez arriver à la sécurité. »

Ces débats clos, le vote donna 13 voix pour une Chambre unique, et 3 seulement pour deux Chambres.

La fin de la séance fut consacrée à fixer le nombre des représentants : — 750 pour une Assemblée législative et 900 pour une Constituante. — Il fut reconnu que le corps électoral aurait pour base le suiîrage universel.

COMMISSION EXÉCUTIVE

Le 26 , la discussion s’ouvrit sur le scrutin de liste. Un mot pittoresque de M. Dupin, contre les élections trop fractionnées, fut rappelé par M. Considérant : « Vous voulez du vin du cru, on vous l’enverra dans des cruches. »

La question de la réélection simultanée du président et de l’Assemblée, dont on examina les avantages et les dangers, amena le débat sur la rééligibilité du président.

« M. de Tocqueville s’oppose vivement à cette rééligibilité.

Il reconnaît que, si le président n’est pas rééligible, on peut jeter un énorme mécontentement dans l’esprit d’un homme éminent qui ne peut prolonger son pouvoir et accomplir les grands desseins qu’il médite. — On ne lui laisse que l’ambition du désespoir et on lui inspire la pensée de briser la Constitution :

« C’est un mal ! Mais j’aime mieux la Constitution exposée à un mal accidentel, que de voir la société soumise à l’influence corruptrice d’un président qui emploie la force dont il dispose à prolonger son pouvoir. »

La rééligibilité du président fut rejetée, et la durée de la présidence fixée à quatre années.

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