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CHAPITRE NEUVIÈME

séances furent encore consacrées à l’examen des rapports de l’Hglisc et de l’Etat.

L’Eglise avait compris qu'elle ne pouvait rester immuable, alors que l’esprit humain progressait tout autour d’elle ; elle avait béni les arbres de la liberté, arboré le drapeau de la République, prononcé des discours inspirés par un christianisme libéral, envoyé des représentants à l’Assemblée constituante, admis l’élection des évêques par les prêtres du diocèse, accepté une révision du Concordat et l’abrogation des lois organiques.

La Révolution avait pénétré dans le sanctuaire.

Le comité des affaires étrangères avait adopté la politique du Gouvernement provisoire et de la Commission exécutive ; et il échangeait des pactes d’alliance et de fraternité avec les peuples, qui, entraînés par l’exemple de la France, avaient recouvré leur liberté et rédigeaient leurs nouvelles constitutions. L'idée grandiose et fraternelle de la formation d’un parlement européen s’était fait jour.

Le comité de l’instruction publique avait élu M. Jean Raynaud pour président, pour vice-président M. Coquerel, pour secrétaires, MM. Maissiat et Rourbcau, et comptait parmi ses membres M. Montalembert.

COMMISSION EXECUTIVE

L’amélioration du sort des instituteurs primaires fut sa première pensée.

La liberté de l’enseignement donna lieu à la discussion la plus importante, après la lecture d’un rapport bien préparé de M. Gatien Amoult. Les partisans du catholicisme réclamaient généralement celle liberté, telle qu’elle existait aux Etats-Unis.

Dans le comité de l’intérieur, l’élection, par le suffrage universel, des maires de Paris et du commandant de la garde nationale, souleva une vive polémique.

L’élection directe, disaient les opposants, donnerait à ces fonctionnaires une puissance excessive, dangereuse pour la République. Ils deviendraient de fait et par leur entente les véritables maîtres de la capitale.

La sous-commission soutenait le principe de l’élection : « Il n’y a pas deux esprits en France. Paris en est le résumé, et il est heureux qu’il en soit ainsi. — Le jour où Paris, par la nomination de ses chefs, serait en hostilité avec le Gouvernement, la France serait à la veille d’une révolution II ne faut donc pas, sous le prétexte d’un danger, déroger au principe souverain de l’élection. »

D’autres conseillaient un moyen terme : « Le choix parle chef exécutif sur une liste de candidats. »

L’ajournement de cette question, si grave, si complexe, jusqu’à la promulgation de la Constitution, fut adopté de commun accord.

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