‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 198 sur 243 · CH API T KE NËUVIÉMK · texte numérisé non relu

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Le ininislrc des finances avait un rude labeur. Nonseulement il avait à surmonter la crise, à subvenir à toutes les dépenses, à liquider les dettes de la monarchie avec un budget surchargé et des recettes compromises par des troubles incessants, il lui fallait encore écarter les rêves obstinés d’amis, qui croyaient avoir découvert la panacée, et les théories d’adversaires qui prétendaient s imposer.

Parmi les projets de cette époque, l’histoire ne peut passer sous silence les Observations sur la situation financière adressées à l’Assemblée nationale par M. Achille Fould, ancien député, depuis lors ministre de l’Empire. Tel est le titre d’un travail publié en brochure, et inséré dans le Constitutionnel du 26 et dans le Siècle du 27 mai.

Cette brochure est d’autant plus curieuse, qu’elle donne l’explication bien nette de l’accusation portée à la tribune par M. Goudchaux contre M. Fould, de lui avoir conseillé la banqueroute.

La première partie est consacrée à la critique et à des avis, avis non écoutés par M. Goudchaux, ministre des finances du 24 février au 5 mars, ni par M. Garnier- Pagès, son successeur, a dont l’administration a eu tout le caractère de la dictature. »

Je citerai textuellement :

« ...La situation de nos finances était fort compromise, lors de la chute du dernier Gouvernement. Une

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série de fautes avait amené les choses à ce point, qu’un changement complet dans la direction des affaires et de très-sérieuses réformes pouvaient, seules, nous préserver des plus grands dangers.

« Le 24 février, l’actif se composait : du solde en numéraire et à la Banque, s’élevant à 1 35 millions, et en valeurs de portefeuille 55 millions. Ainsi, un milliard à payer, et cent trente-cinq millions en caisse, telle était, en termes ronds, la situation du Trésor.

« ...Doué d’un savoir ferme, l’honorable M. Gondchaux a marqué son court passage au ministère par des mesures d’ordre et de justice. Mais il est à regretter qu’il n’ait pas apprécié, d’une manière plus exacte, la difficulté de la tâche dont il avait consenti à se charger, qu’il n’ait pas compris de suite que le crédit, profondément troublé par la Révolution, lui faisait complètement défaut, que les dépenses allaient s’accroître, les recettes diminuer.

« Mais en face de ressources aussi disproportionnées avec les besoins, la conduite à suivre semblait indiquée :

a Garder les fonds en caisse pour assurer le service; par un arrangement équitable et facultatif, convertir en rentes et les dépôts des caisses d’épargne et les bons du Trésor; faire appel au patriotisme des citoyens, pour les engager à anticiper le payement des contributions; au besoin, emprunter à la Banque. On arrivait facilement ainsi à l’Assemblée nationale.

« Mais le ministre, tenant à honneur de ne pas suspendre les remboursements des caisses d’épargne, ni

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