‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 203 sur 243 · CHAPITRE NEUVIÈME. W · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. W

paix, le calme, la sécurité, se rétablissent avec une grande promptitude? Vous voulez nous faire espérer un meilleur état de choses, et nous faire attendre jusque-là : c’est trop long. En matière de finances, ce qu’il y a de plus pressé, c’est le crédit du jour, c’est l’opération du moment ; l’ajournement, les lenteurs, ce qui suspend la réalisation des valeurs, empêche qu’on puisse salarier le travail, l’indemniser, l’associer utilement. Une telle situation est inacceptable. »

Puis il cherche à démontrer l’aggravation, par le rachat des chemins de fer, des charges, des dépenses, des remboursements, des obligations, la difficulté d’y faire face, et la possibilité pour l’État d’exécuter de grands travaux qui s’élèvent déjà à une somme considérable. Il n’y a donc pas urgence à racheter les chemins de fer.

Le ministre des finances réplique qu’il ne demande qu’un délai de quelques jours. Il craint d’ailleurs que les capitalistes, remboursés par la vente des rentes reçues en échange de leurs bons, portent leur argent à l’étranger. Il y a là pour eux une affaire de spéculation. Si, au contraire, vous accordez la priorité au rachat des chemins de fer, vous donnez immédiatement des moyens de travail, non-seulement aux ouvriers, mais encore à l’industrie, au commerce ; vous relevez toutes les transactions. En un mot, si vous accordez la priorité aux bons du Trésor, c’est l’agiotage que vous favorisez; dans le cas contraire, c’est le travail. (Applaudissements.)

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Pendant cette discussion, où, sous l’apparence d’une question incidente, étaient engagés toutes les réformes, toutes les solutions, tout le système financier du Gouvernement, et, peut-être, le Gouvernement luimême, les représentants de la droite et ceux do la gauche s’étaient successivement et respectivementassociés aux efforts de leurs orateurs et les avaient énergiquement soutenus à la tribune de leurs approbations bruyantes et de leurs chaleureux applaudissements. Aussi l'anxiété fut-elle générale quand le président mit aux voix la priorité.

La première épreuve est déclarée douteuse.

Le scrutin est demandé par plus de vingt membres.

« Plusieurs membres siégeant à droite : Le scrutin secret. » (Longue agitation.)

Une discussion s’élève sur le mode de voter.

M. Laboissiére demande que tous les membres qui ont des intérêts dans les chemins de fer s’abstiennent. (Bravo ! bravo !)

Le citoyen de Ileeckeren relève l’expression, qu’il traite d’inconvenante, et dit qu’il a le premier réclamé le scrutin secret, parce qu’il y a un système d’intimidation organisé contre une partie de l’Assemblée. (Cris :à l’ordre I)

Le tumulte s’accroît ; plusieurs représentants veulent parler au milieu du bruit, des interruptions et des cris à l’ordre !

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