CHAPITRE DIXIEME
serait fait le 20 juin, par les délégués de l’autorité municipale, à domicile et le même jour, à partir de six heures du matin, et que la vérification aurait lieu ensuite scrupuleusement sur les renseignements inscrits aux bulletins.
La commission des ponts et chaussées nommée par le ministre avait à chercher, de son côté, la solution des Ateliers nationaux. Le Pouvoir exécutif attendait d’elle une série de projets bien étudiés, qui pussent fournir aux ouvriers de Paris et de la banlieue les travaux utiles qu’il avait bien souvent réclamés. Elle ne songea qu’à imaginer des plans financiers; et, revenant à l’erreur commise en 1830, erreur clairement démontrée par l’expérience, qui prouve qu’à l’industrie il faut des institutions de crédit et non des subventions pécuniaires qui ne secourent que des usines en déroute, elle réclama une somme 100 millions pour prêts directs à des chefs d’industrie.
Sur la proposition du ministre des finances, le Gouvernement repoussa ce système, qui eût exigé pour toute la France plus d’un milliard. Il crut atteindre plus sûrement le but en fondant des comptoirs d’escompte, organisant les warrants, et donnant à la Banque l’unité qui lui permettait de transporter partout ses capitaux et son appui. Si d’ailleurs il parvenait à pouvoir disposer d’une somme de 100 inil-
COMMISSION EXÉCUTIVE
lions, ne devait-il pas la réserver aux ' immenses travaux des chemins de fer et des canaux qui, tout en rendant service aux industriels, payeraient la maind’œuvre des ouvriers des Ateliers nationaux et créeraient de nouvelles richesses à l’État ?
Le Gouvernement, rassuré par le dernier vole de l’Assemblée, qui avait accordé la priorité à ses projets, avait foi en elle et croyait au succès. Mais une minorité puissante par le talent de ses membres était là, montant chaque jour à l’assaut, battant en brèche le système du Gouvernement et poursuivant avec rage et entêtement ce plan de campagne, qui ne pouvait aboutir qu’à une catastrophe : Dissoudre, d’un coup et sans délai, les Ateliers nationaux et s'opposer à la reprise des grands travaux de chemins de fer par l'État où tous les ouvriers licenciés eussent trouvé un refuge contre la misère, contre les fureurs qu’elle suscite.
L’Assemblée votait le 10 avec empressement six projets présentés le 7 par le Gouvernement : Travaux sur la haute et la basse Seine, l’Oise, l’Yonne, la Marne, sur les canaux, sur les routes nationales et départementales ; construction de ponts a Mon-