‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 212 sur 243 · CHAPITRE DIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME

lereau, Lagny, Cognac, Flavigny, Conflans; continuation du chemin de fer de Tours à Nantes. Ces dépenses s'élevaient à une somme de douze millions , ce qui permettait de détacher déjà des Ateliers nationaux un certain nombre d’ouvriers.

Le 15, l’Assemblée concédait également au ministre un crédit de deux millions, affecté à la construction de locomotives et de voitures destinées au chemin de fer de Versailles à Chartres : « pour entrer, dit le rapport, dans les vues de la Commission exécutive et ramener ainsi un grand nombre d’ouvriers des Ateliers nationaux vers un travail utile et mieux rétribué. »

Le même jour, un incident fut soulevé par M. Pierre Leroux, dans la discussion sur l’Algérie. M. Pierre Leroux abordait la tribune pour la première fois. Son discours, quoique étranger à la question, fut écouté avec un évident intérêt de curiosité. C’était une longue analyse de tous les plans d’amélioration sociale, dont il enseignait depuis longtemps un système particulier.

M Goudchaux saisit à son tour cette occasion d’émettre ses idées économiques, dont les principales étaient le développement du crédit et l’instruction. Cédant à l’inspiration du moment, il se laissa entraîner à cette déclaration qui, émanée d’un républicain, était appelée à produire une vive sensation . la révo-

COMMISSION EXECL'TI Y K.

lutiou est arrivée un peu trop tôt. Selon lui, les souffrances des ouvriers existaient avant le 24 février. On devait éviter de les leurrer par de fausses théories. Il s’éleva avec feu contre les illusions répandues et critiqua les grèves. La meilleure solution est l'association libre, qui permet à chacun de conserver son indépendance.

L’Assemblée n'avait pas cessé de prêter à ces deux discours toute son attention. Elle témoignait que loin de reculer devant la discussion des doctrines nouvelles, elle désirait en entendre l’exposé à la tribune, afin d’en faire sortir la vérité et l'erreur.

La demande d’ouverture d’un crédit de trois millions, applicable aux Ateliers nationaux, soulève des débats orageux (en juin). M. Falloux réclame le renvoi dans les bureaux pour la nomination d'une commission spéciale, la question étant trop grave pour qu’un sous-comité du travail de trois membres pût en assumer la responsabilité. Il saisit cette occasion de lancer une vigoureuse attaque contre le Gouvernement à propos des Ateliers.

Il a reconnu déjà et dénoncé à la tribune les abus de l'ancienne direction... Depuis, rien ne s’est amélioré.

« L’état des Ateliers est aujourd’hui exactement ce qu'il était il y a six semaines, il y a trois semaines. (Agitation en sens divers.) Le recensement n’est pas

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