CHAPITRE DIXIÈME
l’Assemblée qu’aucun lien indissoluble ne rattache cette question à la discussion qui va s’ouvrir devant elle tout à l’heure, relativement aux chemins de fer. Assurément, nous apercevons là un débouché utile ; mais nous sommes fondés à dire que, ni la nature des ouvriers qu’il emploie, ni l’étendue des ressources qu’il peut ouvrir, ne doivent influencer nos délibérations, pas plus qu'ils n’ont entravé les vôtres. »
Le ministre réplique; il cite les dates récentes des projets votés et invoque le temps, indispensable à la préparation des chantiers : « Car notre premier devoir n’est pas, assurément, de fermer, à un jour dit, la porte des Ateliers nationaux, sans savoir à quels travaux les ouvriers pourraient être employés, sans savoir où ils poseraient leur gîte...
« L’homme ne peut pas toujours exécuter, dans un temps court et à une heure dite, ce que sa pensée et ce que sa conscience lui ont dit de faire, comme Dieu a oi donné au soleil de se lever. Cela n’est pas possible. En toute chose, il y a l’incertitude, la lenteur humaine. Eh bien! nous n’avons pu, je le répète, nous occuper d’embrigader nos ouvriers que quand nous avons su positivement où nous les mettrions; car, enfin, ces ouvriers sont nos frères; ce ne sont pas des malfaiteurs que nous avons à i envoyer; et ici, trop souvent, on parle des ouvriers des Ateliers nationaux comme des malfaiteurs... (Vives dénégations.)
« Le citoyen ministre. Je prie l’Assemblée d'être bien convaincue que je n’ai nullement l’intention de lui prêter des sentiments qu’elle n’a pas. Je ne puis pas
COMMISSION EXECUTIVE
avoir oublié, non plus, ce que j’ai entendu, il y a trois jours, dans le sein de la commission.
« Un représentant. Alors nous dirons le langage que vous y avez tenu.
« Le citoyen ministre. Je ne puis pas oublier qu’on y disait: Débarrassons-nous sur-le-champ, sans aucun retard, à l’instant même, des Ateliers nationaux. J’ai répondu et je dois répondre, et rien au monde ne pourra m’empêcher de répondre ceci : Non ! je ne le peux pas, c’est impossible, parce que jamais il ne m’arrivera d’agir avec irréflexion et avec précipitation toutes les fois que les intérêts de mes semblables seront en jeu, ou que leur vie sera en jeu. (Approbation sur plusieurs bancs.)
« Eh bien! j’ai, dans ce moment-ci, et vous m’avez donné, la responsabilité des Ateliers nationaux ; je ne fuis pas celte responsabilité, j’en sens tout le poids, je la porterai j usqu’au jour où vous me répéterez qu’il faut, à toute condition, quand même, en finir avec les Aleliers nationaux... (Non ! non !) Je vous dirai non!...
« J’ajouterai une chose, c’est que, cette même pensée, je l’ai entendu exprimer de ditlérents côtés; c’est qu’on m’a dit, répété ceci : Mais, mon Dieu! comment se fait-il que les Aleliers nationaux en soient encore au point de développement où ils sont arrivés? comment cela se fait-il? Il y a donc là un intérêt, il y a donc une volonté qui veut entretenir une armée permanente?...
« Oui, cela m’a été dit, je l’affirme! (Oui! oui! — Mouvement.)