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CHAPITRE DIXIÈME

« Croyez-vous qu’il suffise d’avoir obtenu de vous un vote, dont je vous remercie parce qu’il a hâté ma besogne, croyez vous que cela suffise pour que le lendemain les ouvriers des Ateliers nationaux puissent partir? Mais non, il faut préparer les lieux pour les recevoir, il ne faut pas les mettre dans le cas de n’avoir, en arrivant sur les bords de la Sauldre, aucun asile.

« C’est fait, ils sont partis. Nos embrigadements ne sont pas suspendus; ils se succéderont avec rapidité de deux jours en deux jours, même, dans certaines directions, de jour en jour. »

La discussion sur le rapport du 20 juin fournit aux orateurs l’occasion de traiter, avec plus d’étendue et de portée, cette immense question, à laquelle étaient directement attachés l’ordre, la sécurité du pays et l’avenir de la République.

M. Victor Hugo commença par un discours brillant sur les problèmes sociaux, et termina par cet appel aux philosophes initiateurs, aux penseurs démocrates, aux socialistes : a Vous comptez parmi vous des cœurs généreux, des esprits puissants et bienveillants ; vous voulez, comme nous, le bien de la France et de l’humanité. Eh bien! aidez-nous! aidez-nous! il n’y a plus seulement la détresse des travailleurs, il y a la détresse de tous. N’irritez pas là où il faut concilier! n’armez pas une masse contre une masse! n’ameutez pas un désespoir contre un désespoir! (Très-bien!)

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« Prenez garde! deux fléaux sont à voire porte, deux monstres attendent et surgissent là dans les ténèbres, derrière vous et derrière nous : la guerre civile et la guerre servile (Approbation), c’est-à-dire le lion et le tigre! Ne les déchaînez pas! au nom du ciel! aideznous!

« Toutes les fois que vous ne mettez pas en question la famille et la propriété, ces bases saintes sur lesquelles repose toute civilisation, nous admettons, avec vous, les instincts nouveaux de l'humanité; admettez, avec nous, les nécessités momentanées des sociétés. (Mouvement.)

« Le citoyen Flocon, ministre de l’agriculture et du commerce. Dites les nécessités permanentes.

« Une voix. Les nécessités éternelles. »

Le citoyen Faucher succède à la tribune à M. Victor Hugo.

Il préfère, comme tout le monde, quand on doit assister le malheur, que l’assistance soit donnée sous forme de travail; mais, dans l’état actuel, cela n’a pas lieu, cela n’est pas possible :

« La conclusion de ceci, c’est que vous devez faire immédiatement, en attendant des remèdes plus radicaux, ce que l'on a fait en Irlande : détruire les Ateliers nationaux et donner sous forme d’aumône, car vous saurez au moins ce que vous donnez, ce qui est distribué aujourd’hui sous forme d’un travail mensonger. »

Le ministre des travaux publics revient sur ce qu’il a déjà dit, et exprime l’espérance d’une amélioration dans la situation industrielle du pays.

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