‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 220 sur 243 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

des journaux vengeurs contre une République objet de leur baine et maudite par eux.

Les partisans de la monarchie constitutionnelle et libérale des d’Orléans, qui, électeurs et députés, formaient ce que l’on appelait, avant Février, l’Opposition dynastique, qui avaient efficacement contribué à la campagne des banquets, reniés et injuriés par le dernier discours de la Couronne, s’étaient d'abord ralliés à la République, n’hésitant pas à la reconnaître, à la soutenir. Mais bientôt, attaqués, froissés par les démocrates, ils étaient insensiblement revenus à leur point de départ; et, doutant de la possibilité de maintenir la République aussi bien que de restaurer la dynastie d’Orléans, ils flottaient indécis, et continuaient, par habitude autant que par principe, leur opposition aux actes du Gouvernement. Au début de la Constituante, ils avaient tenté de s’emparer du Pouvoir exécutif par la nomination directe des ministres, et de faire passer l’administration dans les comités. Leur talent de parole, leur habitude de la tribune, leur donnaient une grande autorité dans l’Assemblée, dans ses bureaux, dans ses commissions. Par leurs discours et par leurs journaux, très-répandus, ils ébranlaient fortement les institutions républicaines, qu’ils semblaient vouloir conserver. Ils setaient associés en grand nombre au cercle de la rue de Poitiers, unissant leur action à celle des légitimistes; et ils entrevoyaient dans le lointain, comme un moyen, comme un en-cas, l’éventualité d’un Bonaparte, dont ils raillaient la capacité, mais dont ils pensaient utiliser le nom , s’ils le

COMMISSION EXÉCUTIVE

jugeaient opportun , pour renverser la République.

Les anciens serviteurs, les sergents de ville et les agents de la police secrète de la monarchie déchue, jetés sur le pavé par la Révolution, devenaient un péril au jour de l'insurrection.

Le clergé, qui, sous Louis-Philippe, s’était abstenu de la politique, avait été, par cela même, respecté par la Révolution. Appelé par le peuple, il avait béni les arbres de la liberté. Faisant remonter au christianisme l’origine de l’égalité et de la fraternité parmi les hommes, sans distinction de casles ni de races, trouvant dans la pauvreté, dans la vie laborieuse des premiers apôtres, les exemples et les enseignements de la démocratie, il s’était associé au mouvement général qui portait le monde en avant. Il s’était reconnu citoyen, électeur, et avait pénétré du sanctuaire de l’Eglise dans le sanctuaire des lois. Mais avec le changement dans les idées du pape, qui réagissait contre le libéralisme de ses premiers actes, avec l’impulsion du parti légitimiste vers une marche rétrograde, il avait subi une influence nouvelle. Il louvoyait maintenant avec les événements, cherchait sa voie, épiait les moyens de recouvrer son autorité ; et ceux de ses membres qui étaient représentants votaient avec la droite. Deux ou trois seulement conservaient leur foi républicaine.

Mais il avait trop à craindre des commotions immi-

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