‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 221 sur 243 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

nentes, pour combattre ostensiblement le Uouvernement.

Les bonapartistes , à la première heure , avaient affecté une reconnaissance et un dévouement sans limites à la République, dont la généreuse imprudence avait rouvert les portes de la France à la famille de Napoléon. Aujourd’hui, ils semblaient ne plusse rappeler les protestations des premiers jours, ni les professions de foi des premières élections. Entreprenants, audacieux, conspirateurs émérites par tradition et par une longue pratique, ils se livraient, secrètement et publiquement, à une propagande effrénée, à une lutte acharnée contre le Pouvoir exécutif. D’abord peu nombreux, ils avaient très-rapidement et très-habilement recruté des partisans de tous rangs et de tous métiers, dans les faubourgs, dans la banlieue, dans les clubs, dans les Ateliers nationaux, dans l’Assemblée. Partout où surgissaient des rassemblements, des troubles, des émeutes, ils y étaient. Partout ils attisaient l’insurrection. Ils remplissaient les rues, les places publiques, les réunions, de leurs clameurs, de leurs brochures, de leurs libelles, de leurs médailles, de leurs chansons napoléoniennes, de leurs proclamations, de leurs placards, de leurs journaux, do leurs provocations. Ils avaient des comités publics pour les élections, des comités secrets pour les complots.

Adroitement souples, rusés, sans scrupule, ils ar-

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