‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 28 sur 243 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

exécutive prétend-elle s’exempter do venir chaque jour siéger au milieu de nous? Au temps où l’on demandait pour elle le pouvoir, on disait, on promettait qu’elle ne cesserait de se tenir auprès des représentants. Aujourd’hui que le hut est atteint, il ne s’agit plus de rester sur les bancs de l’Assemblée, on tente de s’en éloigner, de se tenir en dehors, à l’écart; pourquoi ce majestueux isolement? On craint, dit-on, l’éclat d’un dissentiment entre les membres de cette Commission, à proposd’un incident imprévu. Pourquoi cette crainte, puisque, dit-on aussi, toutes leurs résolutions sont prises avec une rare unanimité? Pourquoi enlever à l’Assemblée le spectacle touchant d’une fraternité, d’une union si parfaite? »

M. de Sainte-Beuve s’écriait : « la Commission n’est qu’un pouvoir provisoire et délégué. Si elle s'isole de nous, elle devient un pouvoir indépendant, un pouvoir définitif. Elle ne diffère et ne doit différer en rien des autres commissions nommées par l’Assemblée. »

En un mot, la droite repoussait l’article premier, comme une atteinte à la dignité et aux droits de l’Assemblée, comme une tentative d’usurpation de ceux qu’elle appelait en raillant les Pentarques.

M. Guigue de Champvans, après avoir insisté sur les dangers d’une contradiction entre les membres du pouvoir par suite d’une interpellation improvisée, ajoutait :

« Vous pourriez assister à un spectacle plus déplorable encore : l’Assemblée donnant raison aux ministres contrôles membres du gouvernement qui les aurait

ai

COMMISSION EXÉCUTIVE

nommés ministres ; et cette fois ce ne serait pas un spectacle déplorable seulement, mais un scandale devant lequel le gouvernement serait renversé. »

Ilappelant la tentative avortée d’une minorité pour réserver à l’Assemblée les pouvoirs administratifs et législatifs, par la nomination directe des ministres, il

ajoutait « Depuis, que s’est-il passé? Un regret

semble s’ètre emparé de l’Assemblée; on croirait qu’un mécontentement sourd la fait réagir et qu’elle est entraînée, malgré elle et par une impulsion involontaire, à revenir sur ses pas! On croirait encore que chaque fois que par un discours, un vote, une décision, on a affaibli, atténué, amoindri le pouvoir de la Commission exécutive, c’est un motif de se réjouir! (Dénégations ! agitation.)

« On le croirait, je ne dis pas que cela soit, je dis qu’on le croirait. (Non ! non ! c’est une erreur. — Agitation !)

« Je dis encore qu’une fièvre de suspicion parait être suspendue sur la tête de la Commission que nous avons nommée nous-mêmes (vives dénégations), et que vous lui retirez insensiblement la main sur laquelle elle devrait s’appuyer. » (Nouvelles dégénalions et rumeurs.)

M. Perrée proteste contre toute assimilation entre les commissions temporairement chargées de telle ou telle question spéciale et la Commission exécutive, investie du gouvernement de la France à l’intérieur et do sa représentation à l’extérieur.

M. Ledru-Rollin croit nécessaire d’intervenir....

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