‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 29 sur 243 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

« Ai-je vraiment besoin de répondre à des insinuations, qui auraient pour objet de faire supposer que nous avons voulu nous placer dans une sphère autre que celle de l’Assemblée ?... Est-ce qu’il n’y a point une puissance absolue? Est-ce qu’il n’y a pas une force qui engendre toutes les forces, ou qui les retrempe toutes? C’est la force de l’Assemblée. Or nous n’avons pu avoir cette prétention, elle ne serait pas possible, a Ce que nous avons voulu, le voici :

a Un pouvoir fort et respecté, car il n’y a de pouvoir qu’à cette condition.

« On peut dire : Vous êtes un pouvoir intérimaire. — Et qu’est-ce que cela fait? Est-ce que le pouvoir n’est pas un dépôt sacré? Est-ce qu’il s’agit de savoir qui le possède aujourd’hui? Non! Il s’agit de savoir si le dépôt qui a été confié sera conservé de telle façon, avec une telle force, qu’il sera un instrument énergique de civilisation, d’initiative, de paix, et par conséquent de prospérité pour le pays. (Très-bien, très-bien.)

« Est-ce que vous croyez par hasard que, quand nous avons proposé ce décret, nos personnalités y soient entrées pour rien? Ah! sachez-le bien, quoiqu’on ait répété souvent que le pouvoir est un fardeau (Non ! non!) les hommes dévoués l’acceptent non-seulement avec résolution, mais avec l’intention, tous les jours, s’il était systématiquement affaibli, de s’en démettre et de le dédaigner. Il y a quelque chose de préférable au pouvoir, c’est le respect de soi-même et la satisfaction de sa conscience. » (Très-bien.)

Ce discours était trop net, trop vrai , pour ne pas

Sfi

COMMISSION EXÉCUTIVE

clore la discussion ; les (leux premiers articles furent adoptés à la presque unanimité.

La droite reporta tous ses efforts contre la dernière partie du projet de loi, et donna aux débats un caractère plus passionné.

M. Trousseau commence par rappeler le décret de l'Assemblée :

« Le président est chargé do veiller à la sécurité intérieure et extérieure de l'Assemblée nationale; à cet effet, il a le droit de requérir la force armée et toutes les autorités dont il juge le concours nécessaire. Les réquisitions peuvent être adressées directement à tous les officiers, commandants, fonctionnaires, qui sont tenus d’y obtempérer immédiatement sous les peines portées par la loi. »

Il reconnaît que l’article présenté parla Commission exécutive maintient ce décret ; mais il le limite. Il sait que l’Assemblée a le droit de révoquer les membres du Pouvoir exécutif, puisqu’elle a le droit deles nommer; mais, en cas de désaccord entre ce pouvoir et la majorité, en face d’une sédition étayée sur la minorité et sur les sympathies du gouvernement, qu’adviendra-t-il? Convient-il de laisser l’Assemblée désarmée sous la pression des événements?

Un autre orateur, prévoyant des circonstances où la Commission exécutive ne ferait pas son devoir, doute

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