‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 3 sur 243 · CHAPITRE PREMIER. g · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. g

que les agents diplomatiques de plusieurs puissances avaient insinué qu’elles considéraient le pouvoir exécutif actuel comme une continuation du Gouvernement provisoire. Il fut invité à adresser, sur-le-champ, aux agents diplomatiques de la République une note énergique ayant à signifier que l’Assemblée constituante et ses délégués devaient et voulaient être reconnus comme pouvoir définitif. — Satisfaction fut aussitôt obtenue.

Des deux interpellations faites à la Commission exécutive sur la Pologne et l’Italie, la première avait été le prétexte et l’occasion d’une fatale journée, et Lamartine s’était chargé de traiter à fond cette question devant l’Assemblée ; avant de répondre à l’interpellation sur l’Italie, la Commission exécutive qui, anxieusement mais en vain, attendait l’appel de cette courageuse nation, dut prendre une nouvelle délibération.

Déjà, le 17, elle avait autorisé les ministres des affaires étrangères et de la guerre à faire livrer 20,000 fusils à la République de Venise, contre le reçu que transmettrait le capitaine Dubrassier.

Mais des secours limités lui semblaient insuffisants en présence des événements fâcheux qui se succédaient en Italie : le Pape avait déserté la sainte cause de la patrie ; les Autrichiens, renforcés d'un nouveau corps d’armée, reprenaient l’offensive ; l’infâme trahison du roi de Naples menaçait de hâter encore des revers probables. Devant de tels périls, la Commission exécutive no pouvait se laisser éblouir par les illusions

COMMISSION EXÉCUTIVE

du patriotisme italien. La nécessité d'intervenir avant la défaite lui parut évidente.

Dans la séanco du 19, après le rapport du ministre des affaires étrangères sur les derniers incidents de la lutte, Lamartine réclama une séance secrète afin d’exposer un plan qui serait ensuite examiné en conseil des ministres et présenté à l'Assemblée.

Le premier mot de Lamartine fut net, précis : « Le moment est venu do donner à l’armée des Alpes l’ordre de marcher en avant. Il faut sauver l’Italie et rendre la sécurité à la France, par une diversion patriotique offerte aux passions hostiles. » Il alla plus loin : « Pour empêcher l’Italie do retomber sous le joug redouté des Habsbourg, et la République d’expirer dans le déchirement d’une lutte fratricide, la Commission exécutive doit prendre une vigoureuse initiative, transmettre immédiatement aux généraux l’ordre de franchir les Alpes, puis, le fait accompli, se présenter devant l’Assemblée nationale et réclamer d’elle un bill d’indemnité, ou un acte d’accusation. Ce serait pour la Commission s’élever ou tomber noblement. »

Autant la proposition de venir eu aide à l’Italie parut naturelle à François Arago, autant celle de donner l’ordre à l’armée de passer les Alpes, sans prévenir l’Assemblée, l'étonna et l’émut. Lamartine, qui s’était exalté dans l’enthousiasme de son idée, revint bientôt

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