CHAPITRE DEUXIÈME
pourra la défendre. Nous ne nous donnerons pas le tort d’accepter la responsabilité d’un fait blâmable, là où nous n'aurions pas la pleine liberté de nos pensées et de nos actes pour la sécurité de l’Assemblée nationale. » (Très-bien! très-bien! agitation!)
M. Bonjean tente une réplique par des paroles violentes contre la Commission exécutive, mais il est arrêté par les cris : « La clôture, la clôture, » et la discussion est ajournée au lendemain.
La nuit avaitdonné à l'irritation le temps de se calmer. Le lendemain, le rapporteur n’était plus M. Labordère. M. Perrée, qui le remplaçait, vint déclarer que la commission de la Chambre et la Commission exécutive s'étaient mises d’accord et proposaient cette rédaction :
« Les dispositions militaires extérieures à prendre, sont du ressort de la Commission exécutive, sans préjudice, pour les cas extraordinaires et d’urgence, du droit de réquisition directe, conféré au président de l’Assemblée par les articles 83 et 84 du règlement.
Aux mots : pour les cas extraordinaires et d’urgence, M. Labordère demande de substituer ceux-ci : s'il le juge nécessaire.
M. Billaut démontre l’inutilité de cette dernière expression, implicitement contenue dans le texte.
M. Dufaure, au nom de la commission du réglemenl, cherche à en prouver la nécessité.
Lamartine déclare que la Commission exécutive, dé-
sireusede satisfaire lessusceplibilités même les plus exagérées, accepte volontiers cette rédaction : — Damlescas extraordinaires et d’urgence, dont le président reste juge.
« Permettez-moi, ajoute-t-il, d’écarter une préoccupation sans fondement. Certes il a été bien loin de la pensée de la Commission exécutive, et je parle ici au nom de l’unaniraitê de ses membres, d’élever aucune, espèce de conflit, ce qui eut été souverainement puéril de notre part, avec l’Assemblée nationale, dans la définition de cette attribution dangereuse, que nous voulons vous laisser tout entière, en ne retenant, et pour vous-mêmes et pour la France, et pour la dignité et la sûreté de sa représentation, que la partie qui est indispensable à nos attributions D’où pourrait venir la
pensée à cinq membres nommés hier, destituâmes à tout instant, par assis et levé, d’affecter au-dessus de l’Assemblée un pouvoir souverain, que nous reconnaissons seulement et uniquement en vous, et dont nous n’avons que l’honneur d'être les exécuteurs un moment, pour vous en rendre compte le lendemain avec toute notre responsabilité? Non! c’est calomnier notre bon sens. »
Ces paroles étaient concluantes. L’article ainsi modifié fut adopté à la presque unanimité.
Dans celte lutte parlementaire, la Commission exécutive, rudement attaquée par les membres du cercle de la rue de Poitiers, avait été énergiquement défendue