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CHAPITRE DEUXIÈME

oserait nier que, grâce à ce défaut de notre caractère national, je dirais presque à ce vice qu’on appelle la vanité, la décoration de la Légion d’honneur, après l’attrait des places, a été un des plus puissants moyens de corruption parmi les classes élevées de la société?

« Si la proposition est prise en considération, je demande que l’ordre soit, en ce cas, aboli pour les citoyens qui n’appartiennent pas aux armées de terre et de mer. » (Bravo ! bravo ! Appuyé.)

M. Flocon : « L’armée n’en a pas plus besoin que les autres classes de la société. »

M. Clément Thomas : « C’est juste! »

M. Glais-Bizoin : « Quand l’Empire se greffa, liberticidement, passez-moi l’expression, à la Bépublique, son premier soin fut d’effacer de tous les monuments, de toutes les pièces de monnaie, l’effigie de la France et les insignes de la République... L’ère de la République est revenue, il faut rétablir partout l’effigie de la France et les insignes de la liberté. »

M. Ducoux demande l’ordre du jour.

M. Larabit constate que ce n’est pas seulement Q Premier Consul, mais les assemblées républicaines qui\ ont fondé la Légion d’honneur. (Réclamations.) Il propose l'ajournement après le vote de la Constitution.

M. Péan : «La démocratie n’a pas besoin de cordons.» M. Flocon : « L’institution de la Légion d’honneur date de l’époque où le Premier Consul trahissait la République. »

M. Crémieux, obéissant à des considérations politiques, réserve à la question une solution ultérieure.

COMMISSION EXECUTIVE

Le général Lebreton : a Non-seulement la décoration de la Légion d’honneur est une institution républicaine, mais je dirai qu’elle estune institution démocratique, car les premières poitrines qui l’ont portée ont été les poitrines des enfants du peuple. Leur enlever cette récompense serait une insulte au sentiment national. » (Aux voix! aux voix! La clôture.)

M. Clément Thomas : «Je ne puis pas admettre que l’application d’un principe républicain soit considérée comme une insulte au sentiment national.

« Qu'cst-ce donc que ces hochets de la vanité qu’on veut conserver parmi nous?.. .(Vives réclamations! — Agitation. . Oui, les hochets de la vanité! »

\’oix nombreuses, « Du tout ! du tout! » (Nouvelles réclamations.)

M. Clément Thomas : « Je le maintiens. (Interruptions diverses.)

« Personne de nous n’a l’intention de contester les droits établis.. .Je ne veux blesser personne, je défends un principe.... »

L’ajournement est mis aux voix. Il est adopté à une grande majorité, au milieu de l’agitation générale.

La qualification de hochet de la vanité, appliquée à la croix d’honneur, fut vivement relevée le lendemain par les journaux dynastiques : «L’injure est manifeste; elle s’adresse aussi bien aux vieux soldats, qui ont versé leur sang sur les champs de bataille, aux vrais

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