‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 42 sur 243 · CHAPITRE deuxième · texte numérisé non relu

CHAPITRE deuxième

ses souhaits pour le bonheur de la France. Les Bonapartes s’insinuaient ainsi auprès de M. O. Barrot et de ses amis et se faisaient accepter comme une éventualité dans l’avenir.

Les signatures apposées sur la proposition du retrait de la loi de bannissement et le discours de M. Grémieux prouvent, surabondamment, qu’ils avaient su se créer des rapports affectueux avec des représentants des autres nuances.

Louis-Napoléon Bonaparte persistait plus que jamais dans ses projets ambitieux, rêve de toute sa vie. Plus que jamais, il avait foi dans son étoile ; il n’hésitait que sur le moment et sur les moyens. Deux voies lui étaient ouvertes. Parmi ses confidents, les uns conseillaient une tentative hardie, les autres une. tactique prudente et secrète. Ceux-là lui assuraient, s’il se présentait résolûment devant le peuple et l’armée, un succès facile, aussi grand que celui du retour de l’ile d’Elbe, et le rétablissement immédiat de l’Empire; ceux-ci, attribuant à la République plus de vitalité, voulaient s’en servir comme d’un marchepied pour s’élever. Quant à lui, sa tendance d’esprit était celle qui lui avait fait entreprendre les aventures de Strasbourg et de Boulogne : séduire un régiment, entraîner l’armée à sa suite par l’espoir d’une revanche à prendre des journées de Février, qu'il lui présentait comme une défaite, se faire proclamer empereur! Il caressait ce

COMMISSION EXÉCUTIVE

songe et en poursuivait la réalisation avec une ténacité fataliste. Pour cette entreprise, l’or lui était indispensable. Il chercha à spéculer sur sa fortune future et à négocier avec les débris qui lui restaient. D’après le témoignage de M. Aristide Fcrrère et par son entremise, il n’hésita point à s’adresser au Gouvernement russe.

Parmi ses agents les plus actifs, les plus déterminés à tout oser, dès le début et au premier rang, étaient MM. Fialin de Persigny, Laity et Ferrère.

M. Fialin de Persigny donnait le mot d’ordre à un groupe composé de ces anciens soldats, que l’on voyait figurer aux funérailles des officiers supérieurs de l’Empire, revêtus de leurs vieux uniformes. Ce groupe fort nombreux se soumettait à sa direction avec les habitudes militaires, et se recrutait sans cesse. Couverts de la blouse, on les retrouvait dans toutes les foules, invoquant les souvenirs de gloire, rappelant les victoires, parlant avec enthousiasme de Napoléon.

M. de Persigny entretenait aussi des relations intimes avec les représentants corses, avec le générai Piat, le colonel Dumoulin, M. Vieillard, ancien précepteur du prince, etc. Il s’était assuré du concours de ses anciens camarades de conspiration et de prison.

M. Laity s’était plus spécialement chargé des moyens de publicité : affiches, journaux, brochures, médailles. Il recherchait des écrivains pour les attacher à la for-

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