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CHAPITRE DEUXIEME

tune napoléonienne, rédigeait avec eux des articles sur tous les tons, composait des placards couverts de signatures supposées ou d’emprunt, des professions de foi, des programmes, des circulaires. Il lançait contre le Gouvernement les attaques les plus virulentes, et célébrait en termes pompeux le grand nom de Napoléon.

M. Ferrère s’efforçaitde conquérir à Louis-Napoléon Bonaparte les sympathies des commerçants, des industriels, des travailleurs. Il entretenait pour lui une correspondance active et cherchait à lui rallier les intérêts.

Les agents du prince ne dissimulaient nullement qu’en s’attachant à sa fortune on travaillait à son avenir personnel. Ils prodiguaient, en son nom, les promesses les plus exagérées. Ils le disaient possesseur d’une fortune colossale, qui lui permettrait, surtout s’il rentrait en France, de récompenser largement tous les services rendus et d’enrichir ses adhérents. Ainsi alléchés, beaucoup se précipitèrent dans l’aventure.

S’il en était qui n’étaient entraînés que par l’appât d’une meilleure position, il existait, à Paris, une multitude d’ouvriers, sincèrement républicains, qui ne connaissaient que le Napoléon de Béranger et de la colonne Vendôme; ceux-là étaient disposés à croire qu’on ne pouvait mieux faire que d’élever à la présidence le neveu du prisonnier de Sainte-Hélène, du héros légendaire. Mettant à profit ces dispositions, les agents du prince distribuaient dans les faubourgs des

COMMISSION EXÉCUTIVE

milliers d'exemplaires du Paupérisme, œuvre de Louis Bonaparte, dont nous avons donné des extraits. Et les ouvriers, le prenant pour un apôtre dévoué des idées sociales, écrivaient son nom sur leurs listes de gouver • nement, à côté des noms de Barbés, de Louis Blanc et de Proudhon!

La propagande sourde qui, au début de la Révolution, marchait pas à pas et dans l’ombre, allait bientôt agir ouvertement et prendre en quelques jours des développements considérables.

Les légitimistes censuraient les lettres du duc de Joinville, critiquaient les menées bonapartistes, et prenaient leur part à l'attaque; leurs journaux redoublaient d’acrimonie contre la Commission exécutive, contre l’Assemblée, et poussaient jusqu’à l’injure. Par contre, ils prodiguaient l’éloge au comte de Chambord, exaltaient aux nues ses mérites, la justesse de son esprit et les qualités de son cœur. Une de leurs nombreuses et enthousiastes brochures, intitulée : Lettre de Henri V à l'Assemblée nationale, lui prêtait ces mots : « Pourquoi n’arriverais-je pas à l’Assemblée nationale? »

La Gazette de France demandait nettement : a La France veut-elle Louis-Napoléon, François d’Orléans, ou Henri de France? Que le peuple soit convoqué et

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