CHAPITRE TROISIEME. 9â
Il en était même qui semblaient se complaire à jouer avec le feu et à hâter le moment de l’incendie social : ils attisaient les passions d’une masse déjà trop passionnée; ils semaient les haines afin d’en faire surgir un embrasement général, d’où plus tard, et sous l’accumulation des ruines, ils sauraient dégager le gouvernement de leurs préférences.
L’avenir était sombre, le présent plein de périls imminents. La France, dans ses dernières angoisses, assistait aux préparatifs d’une bataille dans les rues de Paris ; elle regardait agir les instigateurs de cette lutte sanglante, les uns imprudents, durs et insolents dans leurs discours, cruels dans leurs résolutions; les autres enfiévrés d’espoir et de vengeance. Dans ce milieu terrible, elle voyait le Gouvernement seul, mais n’épargnant aucun effort, voué tout entier au salut, et cherchant à conjurer le désastre par des mesures rapides, justes et sûres.
Dans le récit qui va suivre, je n’émettrai que des faits étayés par des preuves irréfutables. Leurs conséquences ont été telles que je suis obligé de reproduire des pièces historiques dont la simple indication eût rendu mon œuvre moins longue, mais aussi moins précise. Ce que je recherche, c’est la vérité, l’évidence.
COMMISSION EXÉCUTIVE
Les 17 et 18 mai, a en confirmation de la décision qu’elle a prise le 13, la Commission exécutive transmet au ministre de l’intérieur l’ordre de faire cesser les inscriptions d’ouvriers pour les Ateliers nationaux. » Peu de jours après, elle provoque la destitution de deux maires de Paris qui, malgré cette injonction, ont continué les inscriptions.
Le 17, sur la proposition du ministre des travaux publics, elle décide « qu’une commission sera chargée d’examiner la situation actuelle des Ateliers nationaux. »
Les 19 et 20, a elle ouvre des crédits, pour le payement de chaque jour, de 200,000 francs. »
Le 23, elle arrête, « de concert avec le ministre des travaux publics, les mesures suivantes relativement aux Ateliers nationaux :
« Renvoyer de Paris, avec une feuille de route, tous les ouvriers qui ont moins de six mois de séjour à Paris; faire travailler partout à la tâche ;
a Ouvrir des bureaux de placement pour les chefs d’industrie qui viendraient y demander des ouvriers. Renvoyer immédiatement des Ateliers nationaux les ouvriers qui refuseraient du travail dans les industries particulières ;
te Embrigader les ouvriers qu’on renverra dans les départements ;