CHAPITRE TROISIÈME
« Fournir des ouvriers au directeur du chemin de fer de Lyon qui en a demandé. Leur salaire sera avancé par l’Etat. »
Le 29, a introduit avec le ministre des travaux public, M. Julien, directeur du chemin de fer de Paris à Lyon, dit qu’il peut se charger de prendre 15,000 ouvriers des Ateliers nationaux, moyennant une subvention de 6 à 7 millions par mois, et de donner du travail à 50,000 autres ouvriers de tous métiers. »
Ces extraits textuels des procès-verbaux réduisent à néant les accusations hautement formulées contre le Gouvernement, a II s’étudiait, affirmait-on, à maintenir les Ateliers nationaux, et son but étaitdouble : les tenir sous sa main à sa disposition, comme une menace perpétuelle contre l’Assemblée , et contraindre ainsi l’Assemblée au rachat des chemins de fer. » De la lecture de ces procès-verbaux la vérité sort éclatante : il est de la dernière évidence que le Gouvernement s’appliquait assidûment, jour par jour, à diminuer d’une manière efficace le nombre des ateliers, à les dissoudre complètement par les innombrables et productifs travaux des chemins de fer, et que la solution si désirée par lui était une œuvre de conviction et non une manœuvre.
Si le Gouvernement avait poursuivi cette solution sans relâche et ouvertement, la conférence avecM. Julien n’avait fait que lui confirmer la réalisation facile de
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ses prévisions, l’utilité de son système, la sagesse de ses vues ; racheter les chemins, ce serait revivifier cette industrie multiple si féconde, et, par elle, les usines et les travaux de toute sorte, surtout et partout la maind’œuvre, la main du travailleur.
Le ministre des finances, M. E. Duclerc, dans l’exposé des motifs du projet présenté, le 17 mai, à l’Assemblée, expliquait en ces termes la nécessité urgente du rachat... « La situation des compagnies, de toutes les compagnies presque sans exception, est extrêmement grave. Parmi celles qui sont en exploitation, les plus puissantes, celles dont la prospérité semblait inébranlable, ont suspendu leurs payements, pour ne pas s’acquitter de ce qu’elles doivent au Trésor; d’autres en sont réduites à invoquer l’unique raison de la force majeure. Le preste est dans un état pire encore; il n’en est pas une seule qui puisse continuer ses travaux dans les conditions du cahier des charges. Si vous ne décrétez pas le rachat, il faudra nécessairement que vous prêtiez à ces compagnies l’argent ou le crédit de l’État, ou bien que vous autorisiez, ici, une large diminution des travaux, là, leur absolue cessation. »
Puis il déduisait les avantages de la mesure... « Pour le travailleur : — Si vous rachetez les chemins de fer, et si dans ce cas vous adoptez les moyens d'exécution que j’aurai l’honneur de vous proposer, nous serons d’ici à peu de jours en mesure de ranimer le travail dans les usines et sur un grand nombre de points du territoire.
« Pour le peuple : — Les tarifs actuels sont très-oné-