CHAPITRE TROISIÈME
reux pour tout ce qui n’est pas à peu près riche. A chaque voyage, une force énorme est perdue volontairement ; c’est là une des conditions nécessaires à l’exploitation par les compagnies. Dès que l’Etal leur aura été substitué, cette force pourra être employée, et, sans augmentation de frais, les citoyens nécessiteux ou malaisés auront immédiatement leur moyen de locomation qui, aujourd'hui , est presque inabordable pour eux. »
Le ministre des travaux publics, M. Trélat, comprenant l’immense responsabilité qui pesait sur le Gouvernement et sur lui spécialement, sachant que résoudre la question des Ateliers nationaux, c’était couper le nœud gordien de la situation, s’associait activement à tous les projets de la Commission exécutive, à toutes les idées si bien développées par le ministre des finances.
Ges idées avaient également été accueillies avec enthousiasme par la presse républicaine et par la presse socialiste. Les ouvriers avaient tous le sentiment de la grandeur et de l’utilité d’un travail national créateur d'une prospérité et d’une richesse jusque-là inconnues; ils avaient une telle foi dans cette solution, que les malintentionnés n’auraient pu s’opposer, dans les ateliers, à cette œuvre d’une fécondité publique incontestable. « Le Gouvernement, disait une feuille démocratique, aura, par le rachat des chemins de fer, la faculté de distribuer, sur une multitude de chantiers, la masse énorme des travailleurs, auxquels il veut donner, assurer le pain de chaque iour. »
COMMISSION EXÉCUTIVE
OS
L’Assemblée constituante s’était saisie de la question, elle la maniait, l’appréciait au gré des opinions de ses différents partis.
Le comité du travail se réunissait fréquemment. Il s’était subdivisé en sous-commissions, afin de faciliter et de hâter l’étude des innombrables propositions qui lui étaient soumises par ses membres et par les membres de l’Assemblée ; composé des éléments les plus variés, il comptait dans son sein des hommes de tous les partis : à côté de MM. Corbon, Tbouret, etc., siégeaient MM. Falloux, Rouber, etc. Ses rapports à l’Assemblée devaient se ressentir de cette diversité d’opinions, et ses résolutions, quoique prises d’un commun accord, allaient présenter des aspects dissemblables, et parfois revêtir un caractère individuel.
Le 19, M. Saint-Homme soumet à l’Assemblée une proposition d’organisation des Ateliers en petites sections. Le ministre des travaux publics saisit celte circonstance pour annoncer la création par le Gouvernement d’une commission spéciale, ajoutant que : « bientôt un travail utile sera substitué à un travail infécond, » mais réclamant a le temps nécessaire, parce qu’avec la précipitation on ne fait rien de bien. » L’Assemblée prend la proposition en considération, et la renvoie au comité du travail.
Le 22, elle vote d’urgence un crédit de un million pour les Ateliers nationaux.