CHAPITRE TROISIÈME
qui ne sc rendent pas compte de la difficulté des circonstances, prétendent obtenir, en l’imposant, une augmentation du salaire, désertent les fabriques en masse et vont s'enrôler dans les Ateliers nationaux, où l'espèce de demi-solde fournie par l’État leur permet d’attendre, en toute sécurité, que les entrepreneurs, quels qu’ils soient, se voient dans la nécessité de subir leurs exigences quelles qu’elles soient...
« Les ateliers de la capitale se vident tous les jours pour agrandir ce rassemblement confus.
a C'est une immense grève qui menace...
o ... Outre ces inconvénients, c’est un véritable désordre dans la société...
« Si l’on vous disait, citoyens, qu’une armée de 120,000 hommes campe aux portes de Paris, la présence d une force aussi imposante vous ferait justement ombrage; et cependant la composition d’une armée nationale offre certaines garanties à la liberté: elle a des chefs reconnus, une discipline dont les règles sont posées par la loi, un drapeau auquel elle doit obéissance.
« Une armée industrielle de 120,000 hommes, qui n’a pas de chefs, ou qui en a de secrets, est bien autrement dangereuse.
« Il y a là une foule accessible à toutes les excitations politiques, et les entrepreneurs de conspirations croient n’avoir qu’à se baisser pour y trouver des complices. Si les ouvriers qui peuplent les Ateliers nationaux n’ont pas fourni plus de recrues à l’émeute; s’ils n’ont pas encore livré à l’ordre une bataille rangée; si
COMMISSION EXÉCUTIVE
tout s’est passé jusqu’à présent en rassemblements, déjà bien assez inquiétants, il faut en rendre grâces au bon esprit de cette population française qui, dans ses rangs les plus humbles comme dans les plus élevés, est trop éclairée et trop morale pour se prêter aisément aux suggestions de l’anarchie. (Très-bien! très-bien!)
« Mais si les Ateliers nationaux ne troublent pas précisément la société, certainement ils la corrompent...
a Je n’hésite pas à le dire, citoyens, il faut dissoudre, sans délai, ce vaste rassemblement d’hommes; mais en licenciant les Ateliers nationaux, il ne faut pas refuser aux ouvriers des moyens d’existence : on doit renvoyer à l’industrie privée tous ceux qui peuvent trouver place aujourd’hui dans ses cadres ; on doit donner du travail, mais un travail productif, à tous les bras qui seraient réellement sans emploi en les dispersant sur divers points du territoire.
« Les 10 millions que je propose d’appliquer à l’exécution des chemins de fer représentent le salaire de 50 à 60,000 ouvriers pendant trois mois à raison de 25 jours de travail par mois et de 2 fr. 50 en moyenne par jour
«... Ces ouvriers, dont vous soudoyez l’inaction, transportés sur les chantiers de terrassement des grandes lignes, vous permettraient de doubler, avant un an, l’étendue des chemins de fer ouverts à la circulation.
« Il y a péril pour vos finances; il y a danger pour l’ordre à prolonger, ne fût-ce que d’un jour, la siftia-