‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 57 sur 243 · CHAPITRE TROISIÈME. IM · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. IM

Lorsque, à l’époque où nous sommes, on suppute la dépense des 14 millions, total des frais des Ateliers nationaux, somme insuffisante, sous le régime impérial, à solder les prodigalités d’une semaine ; lorsqu’on a vu des ateliers permanents appeler et maintenir à Paris 150,000 travailleurs; lorsque, parmi ceux qui ordonnaient è profusion les dépenses de la capitale, de 1852 à 1870, on a revu les mêmes hommes qui, sous la République, s’insurgeaient le plus violemment contre les dépenses des Ateliers nationaux, on ne peut se défendre d’un sentiment de stupeur.

Les articles de certains journaux dépassaient, en provocation, la parole de ces représentants.

L’Union s’écriait (30 et 31 mai) : « Il est temps qu’on mette fin à cette supercherie des Ateliers nationaux : on a tendu la main à la fainéantise et on a délaissé le travail...

« L’exécution du décret est confiée maintenant au pouvoir intérimaire; qu’il se hâte de dissoudre cette agglomération de forces agglomérées pour l’anarchie... L’Assemblée n’aura véritablement terminé son œuvre que lorsque ses résolutions seront acceptées et obéies par ces politiques de révolution qui trouvaient bon d’avoir un moyen de tenir sous une pression d'épouvante les représentants de la nation. »

Le Constitutionnel osait écrire (26 mai) : « Voici quelques éléments d’une curieuse statistique des indi-

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vidus qui composent ces Ateliers. Ils renferment 30 à 40,000 ouvriers étrangers au département de la Seine, il à 12,000 forçats libérés ou réfractaires, 12,000 cumulant les travaux de l'atelier national avec d’autres places, notamment avec la place de portier. » — Et, d'après le rapport de M, Allard, chef de la police de sûreté, le nombre des forçats libérés ne dépassait pas 1,500 à Paris !

Celte assertion outrageante devait soulever les colères et les protestations.

La réplique ne se fit pas attendre. Elle parut signée, au nom de tous, par 4 à 500 ouvriers des Ateliers.

« Rédacteurs du Constitutionnel , vous mentez impudemment, lorsque vous dites que les Ateliers renferment 1 1 à 12,000 forçats. Vous traitez de voleurs, d’assassins, de faussaires, des hommes qui, le 23 et le 24 février, tandis que vous étiez peut-être cachés dans vos caves, s’exposaient bravement aux balles de la tyrannie.

« Si ces ouvriers eussent été des assassins et des voleurs, l’occasion était belle pour eux de mériter les épithètes que vous leur donnez si généreusement. Maîtres de Paris pendant plusieurs jours, ils auraient pu se baigner dans des flots de sang et piller vos propriétés ; mais, toujours généreux, ils vous ont tendu la main. Souffrant de froid et de faim, eux, les déshérités, ils ont monté la garde à la porte de vos riches hôtels ; si, parmi eux, il s’est trouvé des hommes qui aient porté la main sur ce qui ne leur appartenait pas, justice a été faite, et vous avez pu voir au Palais-National, aux

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