chapitre premier
désire voir s’illustrer ce grand parlement par un acte qui soit tout à la fois un hommage aux vrais principes de droit et d’humanité et un gage d’union entre l’Allemagne et la France... »
M. Sarrans félicite le Gouvernement provisoire de sa politique, reconnaît que la propagande armée est le grand épouvantail à l’aide duquel les vieilles autocraties s’efforcent de soustraire les peuples à l’influence française; il ajoute : « Tout acte de la France, qui serait de nature à inquiéter l’Allemagne sur la sécurité de son territoire, retarderait son émancipation, l’éloignerait de nos idées, et par cela même reculerait le fait qui importe le plus à la délivrance de la Pologne. »
M. Napoléon Bonaparte blâme toute démarche directe de l’Assemblée auprès de la diète de Francfort. Cherchant la solution pratique, il veut sauver ce qui peut être sauvé de la Pologne, Posen, Cracovie et la Gallicie, c’est-à-dire n’exiger de la Prusse et de l’Autriche que la réorganisation nationale qu’elles ont promise à leurs provinces polonaises; sinon, poser la question de guerre.
M. Guichard exprime ses profondes sympathies pour les hommes investis du pouvoir exécutif, et demande qu’on les laisse diriger la politique de la révolution en Europe: « Le jour où ils viendront dire à l’Assemblée : L’heure est sonnée où se plaide la cause de l’humanité, les représentants de la nation, se levant comme un seul homme, mettront dans la balance l’épée de la France et sa fortune. »
12 COMMISSION EXÈOl'TIVE.
Lamartine monte à la tribune. L’attention redouble a Nous vous avons remis, intacte, la politique
étrangère... Nous avons eu ce bonheur. Nous avons conservé à l’Assemblée constituante la liberté entière de ses mouvements... Nous lui avons remis la paix ou la guerre. C’est à elle aujourd’hui à déclarer ses sentiments. Voici, ({uant à nous, comme nous l’avons pressentie.
« Les traités de 1815 n’existent plus »
Ici, Lamartine lit différents paragraphes du programme du Gouvernement provisoire, qui obtiennent l’assentiment unanime de l’Assemblée.
Aux impatients, qui reprochaient au Gouvernement provisoire de n’avoir pas proclamé la guerre de propagande, ou qui l’accusaient de n’avoir point pénétré en Allemagne, pour délivrer la Pologne, il rappelle ces trois tentatives des Belges, des Savoisiens et des Allemands, faites malgré le gouvernement français; la désaffection et l’irritation soulevées en Belgique, en Savoie et en Allemagne, par ces abus de l’hospitalité française, par ces irruptions; les embarras créés par ces tentatives déplorables, embarras heureusement surmontés par la franchise et la loyauté de notre politique.
Quant à l’Italie, couvrant d’un voile transparent la solution du gouvernement, il répond : « Je ne me servirai pas de l’indulgence et du silence que me proposait tout à l’heure M. d’Aragon. J’accepterai la moitié de sa prudence.
« Il y a des choses à dire sur l’Italie que la parole