CHAPITRE PREMIER
ne doit pas dire, et que les événements seuls doivent proférer ici : pour ces choses-là, je demande que vous laissiez la parole aux événements. »
Répliquant ensuite à ceux qui accusaient le Gouvernement provisoire d’avoir négocié un second traité de Campo-Formio. «... Non! s’écrie-t-il, il n’est pas vrai... qu’il y ait eu, à l’égard de l’Italie, la moindre entente contre la liberté italienne , la moindre intelligence , même confidentielle , entre le ministre des affaires étrangères de la République française et l’Autriche. C’est là une calomnie...
« Avons-nous caché nos sentiments à l’Europe à l’égard de l'Italie? désavoué, en quoique ce soit, nos principes de liberté ou nos désirs ou notre volonté d’indépendance pour elle? Non I Vous savez ce que nous avons dit : Le respect des nationalités, nos principes, le droit et en même temps la volonté des peuples nous empêcheront d’aller faire, nous-mêmes, la liberté des autres peuples. Pour leur gloire, pour leur honneur, pour la solidité même de leurs institutions, il faut que ces peuples les achètent, les cimentent avec leur propre sang.
« Mais, si ces peuples ôtaient trop faibles dans leurs droits légitimes, dans ce droit de renaissance des nationalités italiennes, qui est aussi légitime... xi cette indépendance, si ce droit étaient attaqués, la France est là ! Elle est au pied des Alpes, elle est armée, elle vous déclare tout haut, à vous ses amis, à vous ses ennemis, qu'à votre premier signal elle franchira les Alpes et viendra vous tendre, cette fois, sa main libératrice...
COMMISSION EXÉCUTIVE
« On disait que, par condescendance pour l'Europe, nous n’osions déclarer franchement nos sentiments, que l’Italie ne cessait de nous appeler et que nous traitions avec l’Autriche pour empêcher l’unité italienne. Eh bien I vous allez voir !
« Dès les premiers jours, nous avons fait communiquer aux puissances italiennes la volonté ferme d’intervenir au premier appel qui nous serait fait, et, par un acte conforme à cette déclaration, nous avons réuni, à l’instant, au pied des Alites, d’abord une armée de 30,000 hommes, puis une armée qu’en peu de jours nous pouvons porter à 00,000 combattants; et elle y est encore. Nous avons attendu un appel de l’Italie; et sachez-le bien, malgré notre profond respect pour l’Assemblée nationale, si ce cri eût traversé les Alpes, nous n’aurions pas attendu votre aveu, nous aurions cru accomplir d’avance votre volonté, vos prescriptions, en nous portant au secours des nationalités italiennes. (Très-bien! très-bien!)
« Mais, non-seulement nous n’avons pas été appelés, non-seulement ce cri de détresse et d’appel aux armes françaises n’a pas été poussé au delà des Alpes , mais, au contraire, nous avons reçu, de toutes parts, des meilleurs patriotes italiens, le conseil, quedis-jeî la supplication de ne pas faire intervenir un soldat français, avant l’heure, avant le moment, avant l’appel, dans la cause delà résurrection italienne, dont ils voulaient légitimement avoir tout l’honneur, et dont nous aurions été glorieux d’avoir le danger. » (Bravo ! bravo !)