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CHAPITRE TROISIÈME

Cette popularité méritée allait être invoquée comme un moyen naturel de propagande par ses adhérents, et exploitée comme un moyen d’agitation par les agents de tumultes et de discordes.

Les clubs fermés par ordre du Gouvernement après le 15 mai invoquaient leur droit de réunion, mais paisible et sans armes. Les clubs adjoints n’avaient pas cessé de se réunir, de manier les problèmes sociaux les plus irritants et d'attiser les passions. Celui de la Révolution laissait vide la place de son président en l'honneur de Barbés, et lui exprimait, par cet hommage, l’espoir d’un prompt retour.

La Commune de Paris réapparaissait, escortée d’une nuée de nouveaux journaux, rédigés avec la même audace, aveclamême violence. Une seule semaine avait vu naître : La Communauté', Le Scrutin, Le Polichinelle, Le Faubourien, journal de la canaille, Le Robespierre, Le Tocsin.

Paraissaient en même temps, animés d’un esprit complètement opposé mais s’exprimant avec la même acrimonie, peut-être avec plus de fiel encore contre le Gouvernement etlaRépubliqueelle-même, des feuilles, armes de guerre, dont une des plus ardentes était Le Lampion, dirigé par M. Yillemessant.

Dans les bureaux du Père Duchène s’organisait une démonstration formidable. Des personnes jusqu'alors inconnues, et pour cela même suspectes, faisaient cet appel aux citoyens en faveur d’une souscription à un banquet du peuple, autour des fortifications de Paris, à 25 centimes par tête :

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COMMISSION EXÉCUTIVE

« Enfants de la République,

« Notre mère est pauvre, les rois et leurs valets se sont tant gorgés des dépouilles de la France!...

« La terre est riche de verdure, l’herbe des prés nous offre les sièges du banquet populaire.

« Pas de dépense inutile! le repas du travailleur ne doit pas dépasser cinq sous; le privilège ne le permet pas encore.

oc Et d’ailleurs la République veut payer les dettes de la banqueroute royale... »

Les adhésions affluaient, sollicitées par la curiosité, par la modicité du prix; des placards sur les murailles, des insertions dansles journaux, invitaient les présidents des clubs, les délégués des corporations ouvrières et de l’armée, à recueillir, par cinquante au moins, les souscriptions de quelque part qu’elles vinssent.

L’heure et le jour devaient être fixés dans une réunion ultérieure.

C’est au milieu de cette effervescence des passions que le procureur général, M. Porlalis, et le procureur de la République, M. Landrin, dirigeaient l’enquête chargée de rechercher les fauteurs du 15 mai. Les témoignages de représentants qui affirmaient avoir entendu les provocations de M. Louis Blanc, son intimité avec MM. Albert et Barbés, sa présence sur le

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