CHAPITRE TROISIÈME
définitive le caractère des paroles par lui prononcées, il résulte suffisamment, aujourd’hui, de l’ensemble de la procédure commencée, la présomption contre Louis Blanc, d’avoir volontairement participé à l’envahissement et à l’oppression de l’Assemblée nationale. »
M. Louis Blanc monte à la tribune (mouvement marqué d’attention) et commence par ces mots: ...a Ce qu’on vous demande, alors qu’on n’apporte aucune preuve à cette tribune, c’est d’ouvrir l’ère des proscriptions. » Il continue avec une ferme éloquence. Il se justifie et s’indigne tour à tour. Il n’a parlé que sur les instances d’un grand nombre de représentants et autorisé par le président. Il invoque de nombreux témoignages. Il se soulève à la pensée qu’il a pu provoquer l’insurrection contre l’Assemblée : « J’aurais donné un démenti aussi flagrant aux convictions de toute ma viel J’aurais manqué de respect à ma propre pensée, au point de convier le peuple à venir violer, ce qui est pour moi le plus grand des crimes, l’Assemblée dont j’ai l’honneur de faire partie! Non! non ! mille fois non! et que celui qui peut apporter la preuve du contraire se lève pour que je lui dise en face qu’il en a menti ! (Applaudissements sur quelques bancs.)
«... Non! je n’ai pas voulu la dissolution de l’Assemblée! Non ! je n’ai rien fait pour amener le peuple ici! Oui! j’ai tout fait pour l’engager à se retirer par respect pour le principe du suffrage universel, attendu que ce principe, — ce que n’ont pas fait tous ceux qui m’entendent, — je l’ai prêché toute ma vie! Je respecte l'Assemblée nationale issue du suffrage universel,
COMMISSION EXÉCUTIVE
IK
parce que vouloir qu'elle fût dissoute, ce serait nous conduire au chaos! parce que vouloir que l’Assemblée fût dissoute, lorsqu’elle représente le principe du suffrage universel, ce serait ôter toute espèce de base au droit politique, au droit public, et nous précipiter de l’ordre dans l’anarchie... »
Un certain nombre de représentants viennent confirmer ses assertions. M. Étienne Arago déclare avoir entendu Louis Blanc demander au président l’autorisation de se présenter à la foule et de lui parler. Le citoyen Bûchez : « Ce que dit le citoyen Arago est parfaitement exact. »
M. Louis Blanc nie les paroles qui lui sont attribuées.
Le renvoi du réquisitoire à une commission spéciale est prononcé au milieu d’une agitation croissante, et l’Assemblée se retire immédiatement dans ses bureaux pour nommer les membres de cette commission.
Le 2 juin, M. Jules Favre fit, au nom de cette commission, un rapport à l’Assenibléc, qui, à la majorité de 15 contre 3, conclut à l’autorisation des poursuites :
a ... Votre commission s’est vivement inquiétée du caractère et de la portée de la proposition soumise à votre examen; elle a dû rechercher soigneusement si elle était pure de toute pensée de parti, de tout esprit de persécution. L'inviolabilité des mandataires du peu-