CHAPITRE QUATRIÈME
police et lus au Conseil par le ministre de l’intérieur.
Après avoir démontré les causes qui devaient convulsionner le pays, je vais successivement en décrire les effets.
« 24 mai. — Hier soir, réouverture du club Blanqui, dans la salle d’asile. — M. Frémy : Le club conservera son nom de Club central républicain... — Une centaine d’assistants. — Les chefs cherchent un local plus vaste et au centre du quartier. » Le rapport ajoute : « Il y a toujours préméditation de faire une attaque à main armée contre le Gouvernement. — Les Montagnards sont furieux de la manière dont ils ont été traités à l’Assemblée nationale. »
« 25 mai, quatre heures et demie. — A dix heures trois quarts on a enlevé un placard manuscrit contre Saint- Roch, faisant appel aux citoyens au nom de Henri V.
« Les patrons chapeliers ayant refusé le tarif follement exorbitant présenté par leurs ouvriers, ceux-ci, dont le salaire quotidien varie de 5 à 15 francs, ont fait grève. La caisse commune les alimente; en outre, ils vont se faire inscrire aux Ateliers nationaux. »
« 26 mai. — Aucun désordre, aucun accident grave ne nous a été signalé. Nous avons seulement appris que des ouvriers organisent pour lundi prochain un grand banquet à Belleville. Il y a déjà 3,000 ouvriers inscrits, et ils comptent être bien plus nombreux... »
« 27 mai. — A la barrière de laGhopinette, on m’in-
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forme que des ouvriers ont annoncé ce matin qu’ils iraient, sur les deux heures, rue Vivienne, 49, signer une pétition pour demander la nomination du citoyen Louis Bonaparte au poste de premier consul. Il nous est également rapporté que plus de 300 habitants de La Villette doivent aller signer cette pétition.
« Une as^ez vive agitation s’est manifestée ce matin parmi les ouvriers des Ateliers nationaux, rue de Valois- Monceaux, lorsqu’ils ont appris que le citoyen Émile Thomas avait été mis en chaise de poste, et était en roule pour Bordeaux. Plusieurs disaient qu’ils renverseraient le Gouvernement si l’on supprimait les Ateliers nationaux ... Aux buttes Chaumont, ainsi qu’au chemin de ronde de Belleville, un grand nombre d’entre eux disent qu’il faut à la France Louis Bonaparte.
« Dans divers quartiers de Paris, des crieurs vendent une lettre que Henri V aurait adressée à l’Assemblée nationale. »
Après le changement de directeur des Ateliers nationaux, le secrétaire général du ministère des travaux publics, M. Boulage, s’était rendu le 27 au parc Monceaux. Une grande agitation y régnait. Mille rumeurs étranges y circulaient. On parlait surloul du projet, proposé par le comité de l'Assemblée nationale, de substituer le travail à la tâche au travail à la journée. On allait plus loin : les Ateliers étaient menacés de dissolution.