‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 8 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Lamartine cite à l’appui de nombreuses correspondances de l’ambassadeur de Sardaigne : « Il faut qu’on le sache bien en France, si l’armée de la République passe les Alpes sans être appelée par les événements, les intérêts et les cœurs, c’en est fait pour bien longtemps de l’influence de la France et des idées françaises en Italie. »

Autre note diplomatique : « Aujourd’hui je suis expressément autorisé, de la part de mon gouvernement, à vous exprimer le désir que les troupes françaises soient tenues loin de la frontière. Leur trop grande proximité, outre les inquiétudes qu’elle entretiendrait constamment en Savoie, pourrait aussi donner lieu à quelque mouvement de la partie turbulente, quoique très-minime, de la population de ce pays. »

Lamartine ajoute à ces dépêches la lecture d’une réclamation de l’envoyé de la Lombardie contre l’organisation, à Marseille, de volontaires pour l’Italie, et de la lettre qu’il a reçue de lui, la veille mémo :

« Je vous prie de vouloir bien déclarer publiquement, ce qui est vrai, que nous, moi et le représentant de Venise, nous nous sommes opposés, par sentiment national, à toute intervention française ; que les sympathies de la France étant pour nous, qui avions secoué le joug des Autrichiens, elle serait intervenue même contre l’avis du roi de Sardaigne, si nous l’avions demandé. Il est par trop cruel d’avoir agi comme nous l’avons fait, même contre notre propre opinion, et d’ètre continuellement accusés, nous républicains, d'avoir appelé vainement le secours des étrangers, ainsi que le répètent

If.

COMMISSION EXÉCUTIVE

les feuilles à gage du Piémont et les Albertistes en en niasse. »

« Vous voyez, ajoute Lamartine, que quatre ou cinq des puissances italiennes refusaient également notre concours ; j’espère, et nous devons le croire, que l’Italie n’en aura pas besoin. Mais que les amis de l’Italie se rassurent : si ce cri de détresse, dont je vous parlais tout à l'heure, venait à se faire entendre, si les circonstances le rendaient nécessaire et légitime, la France interviendrait à son mode et à son heure. Dans aucun cas l’Italie ne retombera sous le joug qu’elle a si glorieusement secoué. (Très-bien! très- bien!) Dans aucun cas la France ne manquera à cette fraternité pour vingtsix millions d’hommes, qui a été sa loi dans le passé et qui est son devoir pour l'avenir.

« Je ne veux pas m’expliquer davantage aujourd’hui, j’ai mes raisons pour cela, les événements vous le diront ; mais il y a un mot que je puis dire avec certitude de n’être démenti par aucun événement ni par aucun reproche, sorti de l’Assemblée nationale ou du pays: c’est que, soit que la France intervienne, soit qu'elle n’ait heureusement pas à intervenir en Italie, l’Italie sera libre, et la sécurité des frontières françaises sera pourvue. » (Applaudissements.)

Après la question italienne , Lamartine aborde la question polonaise. Il donne communication de sa circulaire aux agents du Nord, qui réclament la liberté et l’indépendance de la Pologne : « A ce prix tout sera facile, tout deviendra paix et amitié entre la République française et les puissances intéressées; autrement tout

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