‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 9 sur 243 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

sera précaire, faux, hostile, semé d'embarras, de guerres et de pièges. Le repos durable du monde est à ce prix. »

Il lit une dépêche pressante au roi de Prusse, qui lui rappelle ses promesses d’organiser le duché de Posen, et la réplique du Gouvernement prussien, faisant remonter l’origine des luttes dans ce duché à la confusion des deux races, allemande et polonaise, et au danger d’y recevoir les émigrés des provinces polonaises soumises à la Russie, ce qui eût motivé la guerre avec cette puissance. Le Gouvernement prussien affirmait d’ailleurs sa persévérance, sa vigueur et sa loyauté pour accomplir sa promesse du 21 mars sans se laisser détourner par l’insurrection dernière.

Après l'exposé de la question polonaise, Lamartine demande s’il fallait lancer à travers l’Allemagne violée dans son sol, dans sa dignité, dans son sentiment national, une armée de cent à cent vingt mille Français. Qu’eùt-elle rencontré sur sa route? Toutes les préventions, encore ferventes, de toutes les nationalités, contre le génie des conquêtes, dont on aurait voulu faire le génie de la République, le confondant avec celui de l’Empire:

« On vous l’a dit : le seul moyen de délivrer la Pologne, c’est l’Allemagne ; la seule politique de la France d’aujourd’hui, de la France républicaine, la politique si admirablement servie par l’à-propos, par les contre-coups, par les bonnes fortunes du génie de la démocratie moderne, qui vient de se caractériser et qui se caractérise de jour en jour davantage par tant de

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COMMISSION EXÉCUTIVE

chutes, partant de compositions, et de recompositions dans le sens de la France. C’est là le grand moyen de parvenir à la grande solution que vous cherchez tous, et de relever la Pologne, non plus par un acte insensé, qui ne la relèverait que pour la faire immoler tout entière, mais de la relever solide, digne, permanente, par la main des grandes puissances, par la main de la France, de l’Angleterre, et surtout par les mains de 1 Allemagne, intéressée comme nous à la résurrection, à la reconstitution de cette grande avant-garde de la civilisation de l’Occident. »

L’orateur termine par ces paroles : « Il fallait rectifier, sinon ces calomnies, du moins ces imputations, ces erreurs répandues sur la politique d’un Gouvernement qui, pour avoir été faible par le nombre, n’a pas été faible par le cœur. Très-bien! très-bien !)

«Eh bien! songez que ce Gouvernement n’a eu qu’une pensée : vous remettre la France telle que vous deviez la retrouver, en paix avec le monde ; vous remettre la paix, non pas seulement dans l’intérêt de notre politique, non pas dans l’intérêt des classes supérieures, des classes riches de la France, mais surtout dans l’intérêt de ce peuple, qui vit, de quoi? de pain ; et le pain n’est produit que par le salaire; le salaire n’est produit luimême que par le travail ; le travail n’est alimenté que par l’industrie et le commerce ; et le salaire, le travail , l’industrie et le commerce ne peuvent être vivifiés que par la paix. » (Bravos nombreux et prolongés.)

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