‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 82 sur 243 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

de langage; mais on peut le communiquer à ses amis, sans indiscrétion; je n’en désavouerai rien que l’expression, car j’aime à mieux faire ma toilette pour paraître en public. »

La candidature, à Paris, de Louis-Napoléon Bonaparte prit naissance dans la boutique d’un cordonnierbottier, M. Devaux, qui lui était depuis longtemps personnellement dévoué. Cette boutique était située dans l’une des galeries du passage des Panoramas. M. Clapier, tapissier, et d’autres marchands et ouvriers s’y groupèrent en comité, prirent la direction de cette élection et organisèrent la propagande par les affiches et les distributions de bulletins. M. Clapier était, ainsi que plusieurs de ses amis, républicain; mais ils croyaient que le nom de Bonaparte, uni à celui de République, ferait accepter la forme républicaine par les masses, surtout dans les campagnes. Leur illusion était, en effet, assez répandue parmi les travailleurs.

Au début, Louis-Napoléon Bonaparte ignorait cette tentative et rêvait dans son esprit aventureux un autre retour; aussi celte candidature fut-elle pour lui une surprise et lui parut-elle prématurée. Il écrivit à M. Devaux :

a Londres, 2 juin 1848.

« Mon cher monsieur Devaux, a Je suis toujours bien reconnaissant des preuves d’attachement que vous me donnez, et j’espère bientôt h. H

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COMMISSION EXÉCUTIVE

vous en remercier de vive voix. Cependant je ne crois pas que le temps soit encore venu pour moi de rentrer en France et de rester à Paris.

« Si les choses restent comme elles sont, je retournerai néanmoins dans ma patrie vers le mois d’août.

« Recevez l’assurance de mes sentiments,

« Napoléon-Louis Bonaparte. »

Mais l’occasion était trop propice pour n’ètre pas saisie avidement par les agents les plus entreprenants et les plus autorisés du prince. Ils accourent au comité. Ce sont MM. de Persigny, Laity, Ferrère, le colonel Dumoulin, etc. Ils donnent au mouvement une nouvelle impulsion, multiplient les placards, créent des journaux, distribuent des portraits lithographiés, des médailles, répandent des professions de foi simulées dans les rues, sur les boulevards, dans les faubourgs, chez les marchands de vin, chez les débitants de tabac, partout où le public afflue.

Une fois posée, la candidature ne devait plus échouer. Son insuccès était la ruine politique du prince. Rejeté par le suffrage universel, comment, en effet, pourrait-il s’offrir à la France? Banni aujourd’hui par le scrutin, toutes ses espérances seraient détruites désormais. Ses partisans comprirent l’importance de l’enjeu. Ils résolurent de donner à leurs efforts une suprême et décisive impulsion. Aucun moyen, quel qu’il fût, ne fut négligé.

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