‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 88 sur 243 · CHAPITRE QUATRIÈME. IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. IT

avait dû présenter à l’Assemblée une loi sur les attroupemenls, qui modifiait peu les lois antérieures. Elle avait été adoptée par une majorité considérable : 478 contre 82. En la publiant au Moniteur, le Gouvernement la fit suivre de cette proclamation :

« Citoyens,

« L’Assemblée nationale a volé et la Commission du puuvoir exécutif publie aujourd'hui la loi contre les attroupements.

« L’Assemblée nationale est l’élue du peuple tout entier : c’est assez vous dire qu’elle veut protéger le peuple contre toute les tentatives insensées ou factieuses qui l’attaquent dans ses droits, dans son travail, dans ses libertés, dans ses intérêts et dans ses espérances.

« Citoyens, vous avez voulu la République : la République est fondée. Tant que l’Assemblée nationale, tant que la Commission du pouvoir exécutif seront debout, nul ne portera impunément la main sur cette grande conquête.

a Vous voulez aussi l'ordre, citoyens, car vous savez que toutes les libertés vivent par l’ordre, et que la République, qui résume toutes ces libertés, sera vaincue le jour où vous permettrez aux factions de troubler la tranquillité publique.

« Citoyens, le dépôt sacré des destinées de la France nouvelle est dans vos mains, comme il est dans les nôtres.

174 COMMISSION EXÉCUTIVE

« Après avoir conquis la République, sachez la défendre.

« Pourquoi ces attroupements? pourquoi ces agitations de la rue ?

« La République est-elle menacée?

« Non, la République est le droit éternel des peuples, et le droit ne péril pas.

« Les agitateurs le savent.

« Ce qu'ils veulent, c’est fatiguer de leurs manœuvres mystérieuses les vrais fondateurs de la République, les citoyens sincèrement dévoués à sa grandeur et à sa prospérité, l’armée, la garde nationale, qui, grâce au principe de l’égalité franchement appliqué, réunit aujourd’hui dans ses rangs et sous le drapeau de la fraternité le peuple tout entier.

« Ce qu’ils veulent encore, c’est déconsidérer la République en tuant le crédit, en étouffant le travail, en faisant au commerce, à l’industrie, au magasin, à l'atelier, à la boutique, une guerre incessante, et qui deviendrait mortelle si votre énergie ne la faisait pas cesser.

« Et quand ils auront ainsi, par leurs agitations désordonnées, arrêté, sinon tari, toutes les sources de la prospérité sociale, alors vous les entendrez dire que la Républiqne est impossible en France.

a Citoyens, voilà vos ennemis ; voilà ceux qui excitent les attroupements ; voilà dans quel but ils les excitent.

« Entendez leurs voix. Il y a deux mois, vos rues, vos places, retentissaient du seul cri de : Vive lu République!

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