CHAPITRE QUATRIÈME. Or
Aujourd’hui les chants patriotiques, que la République aime toujours à entendre, sont souillés des cris séditieux de toutes les factions anarchiques soulevées contre elle.
<< Suivez les agitateurs; voyez-les à l’œuvre ; étudiez leurs discours, leurs démarches, leurs excitations, et vous les surprendrez touchant le matin la solde des agitations anarchiques qu’ils vont propager le soir.
« Citoyens, votre salut, le salut de la République, notre salut à tous, est tout à la fois dans l’action du pouvoir et dans votre prudence et votre énergie.
« Que les curieux se retirent et laissent à l’autorité toute sa liberté d’agir. Les ennemis de la République, restés seuls en face de l’autorité, qui les surveille et saura les atteindre, fuiront d’eux-mêmes, effrayés de leur isolement et de leur impuissance.
« S’il en était autrement, si devant les exhortations paternelles, si devant les sommations légales, les agitateurs persistaient, la force publique fera respecter la loi. C’est son devoir, et elle le remplira avec une fermeté prudente, mais résolue. »
Ces efforts contre les attroupements étaient critiqués avec fureur par les journaux d’un ultra-socialisme affecté, qui soutenaient chaleureusement la candidature bonapartiste.
L'Organisation du travail, qui avait pour rédacteur en chef M. Lacolonge, un des plus fougueux agitateurs,
I 7ti COMMISSION -EXÉCUTIVE.
s’écriait : « La rue est le premier, le plus saint de tous les clubs. Que voulez-vous, messieurs les bourgeois, le peuple n’a pas à sa disposition vos salles dorées et fleuries! Laporte Saint-Denis, la porte Saint-Martin, la Bastille, voilà ses meetings favoris. Il aime à s’y rassembler le soir, pour causer un peu de ce que ses gouvernants ont fait dans la journée. C'est son droit. Le peuple est calme et sage, et voilà que vous arrivez avec vos forêts de baïonnettes, et de quel droit, s'il vous plaît?... Les blouses étaient là hier, de par la loi, elles y seront demain... C'est vous! vous seuls, qui faites delà provocation et de l’illégalité... Peuple! reviens sans crainte à tes réunions du soir. »
Le Napoléon républicain : <t ... Faut-il le dire? la République que vous voulez, c'est la courtisane usée, qui donne de l’or pour des caresses à ses nombreux amants. C’est le cachot qui étouffe la voix de l’adversaire dont le courage civil vous fait peur.
« Déjà la liberté de la presse a subi votre contact; hier vous avez atteint le droit d'association , aujourd’hui vous violez lk droit df. réunion. Demain, que ferezvous? Vous relèverez... l’echafaud! Malheureux! ne vous souvient-il plus du 24 février? Le peuple, votre maître, vous chasseia comme il a chassé la corruption, votre idole. El toi, peuple, lorsque tes commis violent le mandat que tu leur as douné, souviens-loi du drapeau rouge, du Champ de Mars et du courage de tes pores eu 1793. »