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CHAPITRE QUATRIEME

Le Gouvernement n’était pas seul à dénoncer à l’opinion publique les manœuvres des partis et leur participation aux troubles. Les journaux abondaient en renseignements sur les causes de cette agitation incessante.

La Démocratie pacifique, 9 juin, disait: « Il parait certain que c’est à des intrigues croisées de prétendants qu’est due, en bonne partie, l’agitation dont Paris est inquiété depuis quelques jours.

« Il est dit que nous aurons des essais de parodies de toutes les grandes scènes de la première République, et que le bon sens du peuple parisien aura à faire justice des singeries de conspirations royalistes et bonapartistes, quelques jours seulement après avoir ■ triomphé des folles tentatives des terroristes.

a. Ainsi, il est bruit à la fois en ce moment de manœuvres légitimistes en faveur d’Henri V, de la présence à Paris du prince de Joinville, enfin de conspirations au profit du prince Napoléon. Fondés ou non, ces bruits sont des symptômes.

« Nmts avons reconnu nous-mêmes que, parmi les groupes du boulevard, se glissent plusieurs hommes ayant mission de faire naître indistinctement dans le cœur des ouvriers et des bourgeois le désir d’un sauveur de la République. » Gela ne peut durer ainsi, di- « sent-ils, il faut un homme d’énergie pour rétablir les a affaires; il faut choisir entre Louis-Napoléon, Henri V

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« ou Joinville. » Et s’il se trouve là quelque auditeur qui fixe des yeux et apostrophe ces courtiers dynastiques, on voit ces derniers fuir la tête baissée et à grands pas. »

Le Constitutionnel lui-même, après le récit des attroupements, disait pour sa défense, dans un entrefilet : « Nous accusera-t-on encore de réaction contre la République, si nous venons aujourd’hui avertir le Gouvernement que plus d’un parti s’agite et fait les plus grands efforts pour obtenir le triomphe de sa cause? »

La Commission exécutive persuadée, d’après le rapport des généraux et des maires, que la difficulté de la répression provenait surtout du nombre considérable de curieux qui, malgré les avis réitérés de l’autorité, se mêlaient aux agents des troubles, prit, le 10 juin, une mesure qui devait produire un effet décisif. Elle ordonna de cerner les attroupements et d’arrêter, après les sommations faites, toute personne qui ne se serait pas retirée ou qui aurait résisté.

Cet ordre fut habilement et ponctuellement exécuté. Je prends le récit de cette exécution dans le Moniteur.

a Malgré l’énergie déployée par les autorités civiles et militaires dans les soirées qui avaient précédé, pour mettre fin aux attroupements qui persistent à se réunir aux portes Saint-Denis et Saint-Martin, et malgré les arrestations nombreuses opérées déjà par des agents de police, soutenus par la force armée, des scènes de

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