CHAPITRE QUATRIÈME
la nature de celles qui avaient déjà eu lieu se sont renouvelées vers les deux heures du soir. Des groupes, d’abord peu nombreux, d’orateurs en plein vent et de perturbateurs, se sont formés principalement à la porte Saint-Denis, et, grossis bientôt par une foule de curieux, ils ont fini par rendre impossible la circulation des voitures. Les meneurs subalternes, et soudoyés, on en est aujourd’hui certain, par des intrigants dont on connaît la trace, ont voulu faire dételer et renverser des omnibus afin d’ajouter au désordre en se donnant l’apparence de vouloir élever des barricades ; le bon sens public a fait j ustice de ces tentatives misérables, et des ouvriers ont été les premiers à se jeter sur les agitateurs pour les disperser.
« Des dispositions vigoureuses avaient été arrêtées d’avance; des forces considérables, composées de gardes nationaux sédentaires, mobiles et de la ligne, stationnaient dans le cinquième arrondissement, en mesure de se porter au premier appel sur le lieu du désordre. Le commandant de la garde nationale, informé par les autorités civiles de ce qui se passait, a fait partir alors différentes colonnes, dont le mouvement combiné avait pour but de cerner agitateurs et curieux sur le lieu même de leur réunion. Les premières colonnes s’étant présentées, et les agitateurs ayant répondu, comme d’habitude, par des sifflets et des huées aux sommations qui leur ont été faites de se retirer, la charge a été instantanément battue sur les boulevards Bonne- Nouvelle, Saint-Denis et dans les rue et faubourg Saint-Denis. De fortes colonnes, fermant hermétique-
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COMMISSION EXÉCUTI V K.
ment toutes les issues, se sont portées vigoureusement en avant, chassant devant elles tous les individus qui ne s'étaient pas retirés aux premières sommations, et qui se sont trouvés bloqués au pied de la porte Saint- Denis.
a La police avait remarqué, dès le commencement des désordres dont ces lieux sont le théâtre, qu'un grand nombre d’individus, placés ordinairement aux fenêtres du café qui fait l’angle du boulevard et de la rue Saint-Denis, dirigeaient de là les mouvements des perturbateurs par différents signaux. La maison était comble au moment où les troupes sont arrivées sur les lieux. Des sifflets et même des bouteilles et autres projectiles lancés sur les soldats en sont partis. L’autorité civile, usant alors de son droit, a fait ouvrir l'établissement et a arrêté tous les individus indistinctement qui occupaient les différents étages, et qui s’étaient réfugiés jusque dans les combles. On y a trouvé quelques poignards et des notes indiquant des relevés de soldes faites à quelques individus. On a fait également évacuer la maison d’un marchand de vin et un café voisin, signalés par les agents de l’autorité comme lieux de réunion habituelle des moteurs de désordres.
o Ces diverses opérations ont retenu les troupes jusque vers une heure et demie dans les positions de blocus qu’elles occupaient, tous les individus arrêtés étant maintenus dans le centre. Le commandant supérieur a fait alors former une longue colonne de marche, et, après avoir fait retirer toutes les femmes, il a dirigé