CHANTRE QUATRIEME
cette masse entière par les boulevards, la rue Richelieu et les quais, sur la Préfecture de police, où ont été déposées les personnes arrêtées, au nombre de mille environ. Dans ce nombre se trouvaient deux représentants du peuple qui, malgré leurs réclamations, ont été remis, comme tous les autres, entre les mains du préfet de police.
® Le public comprendra, nous l’espérons, que les perturbateurs, livrés à leur petit nombre, resteraient impuissants pour troubler la tranquillité publique; ce n’est que l’affluence des curieux qui leur donne l’apparence de la force. Il faut que le désordre cesse et que ceux qui, directement ou indirectement, en sont la cause, sachent bien à quoi ils s’exposent en persistant à y prendre part. »
Les deux représentants arrêtés furent aussitôt mis en liberté par le préfet de police. On remarqua que tous les deux ils avaient voté la loi contre les attroupements. Aucun député de l’extrême gauche ne se trouva compromis. MM. Laity et Persigny étaient partis le 8 pour Londres.
Pour compléter le récit, nous trouvons dans le procès-verbal de la séance de la Commission exécutive du lendemain, 11 juin, que le général Clément Thomas donna « les détails les plus étendus, les plus circonstanciés, sur les événements de la veille, sur les personnes arrêtées, sur l’argent qu’elles ont dépensé à profusion dans les cafés, etc., etc. »
Le Gouvernement crut devoir livrer à la publicité, dans Le Moniteur, !e^ noms de toutes les personnes
COMMISSION EXÉCUTIVE
ISî
arrêtées dans les journées des 8, 9, 10 et 11 juin. Il s’y trouve des citoyens de toutes les conditions et de tous les métiers.
Une note officielle des arrestations faites depuis le 15 mai jusqu’au 22 juin donne l’indication suivante:
Pour complot du 15 mai. . 130
Dans diverses manifestations. 45 parti Barbés.
— — .36 — Henri V.
— — .58 — napoléonien.
— — .1 — pliilippiste.
Dans les attroupements, opinions diverses. . . .1,157
Cette sévère leçon fit sur les curieux des boulevards Saint-Denis et Saint-Martin une impression salutaire mais passagère. Les fauteurs d’émeute n’abandonnèrent ces lieux de rassemblement que pour reporter ailleurs leurs sinistres tentatives.