CHAPITRE CINQUIEME
haut : nous avons vu dans ce fait, rapproché des circonstances où nous sommes, autre chose que l’élection d’un simple représentant. Nous y avons vu le vœu qu’une autre candidature fût portée dans le pays ; c’est ce vœu qui nous semble général, qui est le nôtre, que nous venons proclamer. »
« Le citoyen Garleret, sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’intérieur, introduit auprès de la Commission exécutive, donne quelques renseignements sur le citoyen Louis- Napoléon Bonaparte. Il paraîtrait, d’après ces renseignements, que le citoyen Bonaparte serait arrivé à Paris hier matin, à onze heures, et qu’un conseil aurait été tenu dans cette journée, de trois à six heures, chez Jérôme Bonaparte, rue d’Alger. Divers personnages connus par leur opinion bonapartiste y auraient assisté.
a La Commission fait écrire au préfet de police cette lettre :
« Lecitoyen sous-secrétaire d’Etat au départementde l’intérieur s’est rendu auprès de nous sur notre invitation. Les renseignements qu’il nous a donnés sur Louis Bonaparte nous ont été donnés à nous-mêmes ce matin. Il importe donc de vérifier si ces renseignements sont exacts. A cet effet, entourez les maisons indiquées par le citoyen sous-secrétaire d’Etat ; au besoin, et si de justes soupçons s’élèvent, pénétrez-y. Une visite domiciliaire est chose grave sans doute, mais tout fait qui peut faire naître de graves embarras politiques doit être arrêté dès son origine. Il n’y a pas à hésiter quand le salut du pays réclame. Au nom de
COMMISSION EXÉCUTIVE
la Commission, agissez donc promptement et avec vigueur.
Le 1 1 au soir, la Commission exécutive recevait cette réponse du préfet de police.
« Cinq heures.
« Vous me mandez d'opérer une perquisition dans les maisons désignées; mais si le prince Bonaparte se trouve en effet dans les lieux dont il s’agit, que dois-je faire?
« Mandat d’amener signé par la Commission executive, ou ordre signé de lancer moi-même ce mandat?
« Dans ce cas, que faire après cette arrestation ?
« Quelles forces à ma disposition en cas de résistance extérieure?
« Réponse formelle à chacune de ces questions. »
Les membres de la famille Bonaparte ne pouvaient ignorer les menées bonapartistes qui s’étalaient au grand jour et à tout moment ; en redoutant les conséquences pour eux-mêmes , ils déléguèrent Jérôme Napoléon, afin d'en décliner la responsabilité, auprès du ministre de l’intérieur, qui fit part de cette démarche à la Commission exécutive, en ces termes :
« Neuf heures du soir.
« Je viens de recevoir à l’instant la visite du représentant du peuple Jérôme Bonaparte ; il m’a certifié