‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 98 sur 243 · CHAPITRE CINQUIÈME. I9S · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. I9S

parte, vous invite à donner immédiatement et par télégraphe, à tous les procureurs généraux, ordre de faire arrêter Charles-Louis-Napoléon Bonaparte, s’il met le pied sur le territoire français. »

Cette décision et ces ordres furent aussitôt communiqués au conseil des ministres, qui leur donna, après délibération, une adhésion unanime.

Ils furent également et sur-le-champ dépêchés par le télégraphe, et confirmés par la poste, à tous les préfets,

sous-préfets et procureurs généraux.

Dans le cours de cette séance, la Commission avait reçu du préfet de police « une lettre cachetée qu’un prisonnier de Sainte-Pélagie adressait au citoyen Jérôme Bonaparte. La Commission décide que cette lettre sera renvoyée au préfet de police, qui la fera parvenir telle qu’elle est au destinataire. »

Nous croyons bon d’enregistrer la mention officielle de cet acte de la Commission. Consacrer ainsi, an milieu de ces conjonctures critiques, l’inviolabilité du secret des lettres par la République, c’était à la fois le blâme du passé, un engagement formel du Gouvernement, un enseignement pour l’avenir.

Ces résolutions de haute politique, délibérées sans précipitation, conseillées par la prudence, imposées

COMMISSION EXÉCUTIVE

OU

par le salut public, ayant été prises à l’unanimité, la Commission se rendit à l'Assemblée nationale.

Elle y était appelée pour discuter une question de confiance : elle avait demandé un crédit mensuel de cent mille francs, pour subvenir à ses dépenses de secrétariat, de bureau, d'archives et de sûreté générale. Le projet de décret avait été présenté, le 6 juin, par le ministre des finances.

Un mois presque entier s’était écoulé sans qu’aucun membre de l’Assemblée ou du Comité des finances eût songé à allouer la moindre somme à la Commission exécutive pour son installation et pour l’établissement de son administration. Quant à elle, retenue par un sentiment de délicatesse, elle avait cru devoir attendre l’initiative de l’Assemblée nationale. Mais, cette initiative lui faisant défaut ; sollicitée impérieusement parla nécessité de pourvoir à la sécurité publique ; peu confiante, à juste titre, dans certains employés supérieurs de la police, qui avaient été les agents des gouvernements antérieurs; dénuée de moyens de surveillance et d’action, elle avait enfin reconnu son erreur et la fausseté de son point de vue de dignité personnelle, et elle s’était décidée à donner son adhésion à ce projet, qui, d’ailleurs, laissait en dehors l’indemnité due à la fonction.

Attaquée sans répit par les journaux de toutes nuances, avec une violence qu’il serait oiseux et cependant instructif de retracer, mal défendue par deux ou trois feuilles seulement, qui semblaient honteuses de soutenirses actes et ne lui concédaient leur approba-

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