‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 12 sur 70 · II. S · texte numérisé non relu

II. S

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répondis qu'il y avait beaucoup d'animation le long du boulevard; que le Peuple descendait en colonnes serrées; que des rapports ûdèles m'en avaient donné la certitude. Son visage s'altéra; il me serra la main d'une manière expressive, et, d'une voix qui, toutes les fois que je remonte à ces cruels souvenirs, retentit au fond de mon cœur, il me dit : « Ah ! mon ami, c'en est fait, je le crains bien, de la République ! » La séance s'ouvrit par la lecture de la lettre de démission de Béranger, suivie d'interpellations que M. d'Aragon, âme généreuse, adressait à M. Bastide, touchant l'Italie.' La réponse du ministre des affaires étrangères parut un peu évasive. Cependant^ elle affirmait le devoir de la Fraucp d'intervenir en faveur des peuples qu'on opprime, là où cette intervention est demandés; elle exprimait l'espoir que bientôt un congrès formé des représentants des peuples libres réaliserait un principe dont la France se ferait volontiers le premier soldat : le principe de la souveraineté européenne; elle niait, à la face des rois, les traités de 1815, et contenait ces belles paroles: « Nous ne nous estimons pas complètement émancipés tant qu'il reste autour de nous des nations qui souffrent (1). »

M. Wolov^ski monte à la tribune. Il commençait à perler . de la Pologne, lorsque l'arrivée de la foule s'annonce par un mugissement lointain. L'orateur continue. Le bruit se rapproche. L'orateur veut poursuivre : d'effrayantes clameurs, venues du dehors, remplissent l'enceinte. Plusieurs représentants entrent d'un pas précipité; on crie : « En place! n Au même instant, M. Degousée, un des questeurs, paraît à la tribune^ et annonce, d'un air agité, que le commandant en ^hef de la Garde nationale a ordonné à la garde mobile de remettre la baïonnette dans le fourreau; que la salle va être envahie.

Ce que beaucoup parmi nous avaient craint venait de se réaliser : le cortège, parti rivière, était arrivé torrent. Le général Courtais, qui commandait les troupes stationnées autour de l'Assemblée, était allé au-devant de latnanifestation, l'avait rencontrée à la hauteur de la Made*

(1) foy, le Moniteur d« mai 1848, n» 137 .

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