‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 28 sur 70 · XKSTTBBBOTION DB LA FAIM · texte numérisé non relu

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tellement, qu*on ne le revit plus qu'à huit heures du soir (1). D'après l'explication qu'il a présentée depuis, ce retard vint de ce qu'il avait mal apprécié la durée de la résistance qui l'attendait : « J'avais cru que c'était l'affaire d'une demi-heure*, malheureusement, cela a pris trois grandes heures (2). »

Toujours est-il que ce fut le coup de mort pour la Commission executive; car, lorsque les officiers d'ordonnance, dépéchés de divers quartiers par des compagnies de garde nationale en détresse, accouraient les uns après les autres, disant : « On égorge nos hommes I Un bataillon ! au nom du ciel, un seul bataillon I ** que pouvait-elle répondre, sinon : « Nous n'avons pas d'ordre à donner, le général en chef est absent. Attendez I »> Et cette réponse, colportée de rang en rang dans la garde nationale, était naturellement accueillie par ce cri : « La Commission executive trahit* A bas les traîtres! >» M. de Lamartine s'étant rendu au faubourg du Temple, M. François Arago dans le quartier du Panthéon, et M. Garnier-Pagès s'étant mis à parcourir les huit premiers arrondissements, tout le poids de la situa* tion retomba sur M. Ledru-Eollin, demeuré seul avec M. Marie au siège du Gouvernement, et que ses opinions désignaient plus particulièrement aux déûances de la garde nationale. Ce qu'il eut à souffrir, il l'a décrit lui-même avec une éloquence passionnée.

En ce moment, Paris, d'un bout à l'autre, se trouvait transformé en champ de bataille. Le soir, la Société des Droits de l'homme put se réunir; mais déjà, en mille en- ) droits, les communications étaient interrompues, et il fut impossible de donner aux sections une impulsion uniforme. Les sectionnaires du huitième arrondissement prirent une part active à l'attaque de la place des Vosges, conduits qu'ils étaient par des hommes ardents et décidés. Dans les bureaux des feuilles socialistes, régnait une poignante incertitude, tant étaient confuses, contradictoires, les nou- ,

(1) Ces faits, en tant que faitt^ sont certains. Us n*ont pas été niés Foy. la séance du 25 novembre 1848. Moniteur^ n* 331.

(2) Voy, la réponse du général Cavaignac à M. Barthélémy Saint-Hi* laire. Ibid,

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