‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 29 sur 70 · II · texte numérisé non relu

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velles qui arrivaient du thé&tre de la lutte! A qui resterait la victoire? Quelque formidable que fût la masse des forces à la disposition du G-ouyernement, le succès parut longtemps indécis. Sur plusieurs points, les insurgés firent des prodiges. Au faubourg du Temple, dès que le général Ca« , vaignac y parut, le combat prit des proportions gigantesques. Le canon gronda contre les insurgés, mais sans étonner leur courage ; et leur résistance fut si énergique, que le général Cavaignao, malgré ses sept bataillons et son artillerie, fut obligé de demander du secours au général Lamoricière, qu'il venait secourir. Autour des pièces de canon. Ton apercevait étendus motts les deux tiers des canonniers qui les avaient servies et les chevaux qui les avaient amenées (1) !

A l'Assemblée, une succession presque non interrompue de rapports divers tenait les esprits dans une perpétuelle alternative de crainte et d*espoir. Nous apprenions, tantôt que les rues Saint- Jacques, desMa^^ons-Sorbonne et des Matburins se couvraient de barricades; tantôt que les fenêtres de la rue de La Harpe étaient devenues autant de meiirtrières; tantôt qu'à une barricade construite à l'entrée de la rue Saint-Maur, le Peuple avait déployé une intrépidité indomptable. M. Payer ayant informé l'Assemblée qu'à la place Saint-Michel il y avait cinq pièces de canon qui faisaient feu, lorsque s'était présenté M. Arago, qui, ce jour-là, joua sa vie avec Tinsouciance héroïque d'un jeune homme, M. Bineau poussa ce cri de la haine et de l'ingratitude : « Qu'est-ce que cela nous fait (2)? » Voilà comment la réaction vous récompensait de lui avoir servi d'instruments contre l'avant-garde de votre propre parti, ô républicains inconséquents! Jusqu'où peut s'emporter li^ fureur des passions politiques, je le sus alors. C'est en vain que M. Considérant, d'une voix presque suppliante, de<« mande la permission de lire une proclamation destinée, dit-il, à ramener les malheureux égarés. On lui crie au

(1) Voy, le discours du général Cavaignac, dans le ifonilMir, oomsli rendu de la séance du 25 novembre 1848.

(2) Voy, 1© MwiHur, juin 1848, n» 176;

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