‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 34 sur 70 · LE LENDEMAIN DE LA BATAILLE · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN DE LA BATAILLE

d*avrily flottaient aax fenêtres des propriétaires qui ayaient fait remise des loyers. Hommage des locataires, ils portaient cette inscription : Honneur aux propriétaires gi^ néreux! Dans les faubourgs, on comptait ces drapeaux par centaines. Les vainqueurs n^eurent que la peine de les .décrocher. La vanité en fit des trophées de barricade, et la mauvaise foi en falsifia la devise.

Il y eut aussi toutes sortes de noirs commentaires sur la nature des armes dont les insurgés s'étaient servis : projectiles empoisonnés, assurait-on, ou d'une forme barbare. C'est ainsi que l'ignorance expliquait les transformations des projectiles dans leur course contrariée. Les terribles effets des armes à feu firent croire à des mutilations systématiques que partout, depuis, les enquêtes juridiques ont démenties. Les accidents provoqués par Tivresse, par la chaleur, par Todeur de la poudre, devinrent autant de crimes..

Ce fut au point que le gouvernement lui-même sentit enfin la nécessité de rompre un silence qui, gardé plus longtemps, Ji'eût déshonoré; et tous ces mensonges, où se complaisait .la haine» furent officiellement mis au néant par un communiqué envoyé à tous les journaux de Paris. C'est peu : la Cr(xzette des Hôpitaux publia un rapport spécial, officiel, où chacun put lire : « Nous croyons de notre devoir de déclarer que nous n'avons découvert dee traces de poison dans aucune des balles extraites, et que les blessures elles-mêmes ne présentaient aucun symptôme d'aggravation résultant de matières empoisonnées. Il résulte, en outre, de l'analyse faite par M. Pelouze, que, dans aucun cas, l'état des liquides qu'on supposait empoisonnés n'a justifié les soupçons auxquels ils avaient donné lieu(l).»

Inutile d'ajouter qu'aujourd'hui il n'y a plus personne en France qui croie à ces fables dégoûtantes. Mais, comme lord Normanby en avait besoin pour son roman, non con-

(1) Gazette des HâpitauXj 14 juillet 1848.

Ces communications officielles sont trop déoisives pour qu*il soit nécessaire de recourir à d'autres preuves. Qu'il noas tuffîse de dire qu'elles abondent.

Page 1